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Dulaure
(Jacques-Antoine), Histoire physique, civile et morale des environs
de Paris, tome 1, p. 60 : |
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1794
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Établie
dans un moment où toutes les forces de l'Europe réunie
menaçaient la république, dit un écrivain 2,
la poudrière de Grenelle suffit longtemps seule à
fournir de poudre cette foule innombrable de volontaires, que l'enthousiasme
de la liberté faisait voler avec tant de dévouement
à la défense des frontières. Le chimiste Chaptal,
que le gouvernement républicain avait mis à la tête
de cet établissement, était parvenu, par une nouvelle
application de son art, à fabriquer dans cette manufacture
des quantités de poudre incroyables. Il en sortait chaque
jour des chariots chargés qui allaient approvisionner nos
places et nos armées. La poudrière de Grenelle était
regardée comme un des remparts de la république. C'est
le 31 août 1794 qu'eut lieu l'explosion de la poudrière
de Grenelle : les uns ont attribué la cause de ce désastre
à la malveillance ; d'autres n'y ont vu qu'un événement
trop commun dans ces sortes d'établissements ; et rien n'a
pu encore éclaircir le mystère : toujours est-il vrai
que l'explosion fut terrible, et l'épouvante générale.
La plupart des villages voisins eurent leurs maisons renversées,
et dans Paris même, combien compta-t-on de portes, de croisées,
de vitres brisées ! La quantité des victimes fut immense,
autant dans l'établissement que dans les villages voisins
que la force de l'explosion fit écrouler ; cependant, tant
était grande l'énergie des Français à
cette époque, que la fabrication de la poudre n'éprouva
qu'une courte interruption.
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