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Histoire de la
Bande d’Orgères
par A.-F. Coudray-Maunier (1).
A la fin du
dernier siècle, les départements du Loiret, de Seine-et-Oise
et d’Eure-et-Loir étaient en proie aux terreurs les plus
vives. Une bande de voleurs et d’assassins, connue depuis sous le
nom de bande d’Orgères, les parcourait, ravageant
et pillant tout, châteaux, chaumières, fermes et boutiques.
Cette horde homicide et dévastatrice dont l’origine, dit-on,
remontait au malheureux règne de Charles VI, ne comprenait
pas moins de deux ou trois cents individus, hommes, femmes et enfants,
obéissant à un chef suprême. Celui-ci arrêtait
les expéditions à faire, choisissait les soldats devant
y prendre part et les affiliés devant les suivre, puis on
partait avec armes et bagages vers l’endroit condamné au
pillage. Les portes étaient-elles fermées ? On se
procurait de suite une poutre, un tronc d’arbre ou quelqu’instrument
de ce genre, et, le convertissant en bélier, on enfonçait
tout. Une fois entrés, les bandits dont le visage était
noirci, se répandaient dans la maison, garottant, baillonnant
et précipitant dans les caves les malheureux habitants qui,
glacés d’épouvante, n'opposaient qu’une faible résistance.
Si le butin qu’ils convoitaient ne s’offrait pas de suite à
leurs regards, ils allumaient un grand feu, et s’emparant du maître
du logis, ils exposaient ses pieds nus à l’action de la flamme
juqu’à ce qu’il eût révélé l’endroit
où se trouvait l’argent qu’il possédait.
Pour l’honneur de l’humanité, Dieu n’a pas permis que de
pareils forfaits retassent impunis. Grâce à la vigilance
et au courage de la gendarmerie, le lieu de refuge de ces misérables
fut découvert, et bientôt ils tombèrent eux-mêmes
entre les mains de la force armée. Une procédure volumineuse,
puisqu’elle ne comporte pas moins de huit volumes in-folio, fut
commencée immédiatement et elle se termina, le 12
vendémiaire an IX (5 octobre 1800), par l’exécution,
à Chartres, de vingt-et-un accusés principaux.
M. Coudray-Maunier offre aujourd'hui au public une analyse succinte,
un résumé historique des faits concernant cette bande
de scélérats. Il a tout passé en revue : son
organisation, ses habitudes, ses mariages, son code criminel, et
l’énorme quantité de crimes qu’elle a commis. De plus,
il a donné, avec les complaintes du temps, le portrait de
ceux qui ont joué les rôles les plus importants, et
une représentation fac-simile d’un dessin conservé
à la bibliothèque communale de la ville de Chartres,
représentant le Rouge d’Auneau, l’un des chefs de
la bande.
Cette publication se recommande donc tout à la fois comme
une étude de ce que l’audace pouvait à cette époque
et en même temps des progrès qu’a faits depuis lors
la répression pénale en France.
A.
Sorel.
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