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La journée du 17 fut employée à la
poursuite de l’ennemi qui, sur le soir prit position en
avant de la forêt de Soignes, au mont Saint-Jean :
le temps était affreux. Toute la nuit du 17 au 18
fut employée à réunir l’armée
et à prendre les dispositions pour le lendemain.
Le 18 au matin, en passant devant le quartier général
de l’Empereur, je m’arrêtai une heure avec lui, il
me reçut avec une affection et une tendresse toute
particulières, il assembla les principaux généraux,
et une fois le plan de bataille arrêté, chacun
se rendit à son poste. A midi toute l’armée
était en ligne ; j’étais à l’extrême
gauche, devant un bois occupé par les Anglais : nous
avions soixante-dix mille hommes et deux cent quatre-vingts
pièces de canon ; l’ennemi en avait quatre-vingt
seize mille ; le maréchal Grouchy, avec trente-six
mille hommes, observait l’armée prussienne sur notre
extrême droite, mais n’était pas en communication
avec nous.
A midi un quart, je reçus l’ordre de commencer l’attaque
; je marchai sur le bois que j’occupai à moitié
après une vive résistance, tuant et perdant
beaucoup de monde ; à deux heures j’étais
entièrement maître du bois, et la bataille
était engagée sur toute la ligne : mais l’ennemi
qui sentit toute l’importance de ce point, accourut avec
une réserve et me l’enleva. Je m’y portai avec toute
ma division, et à trois heures, après le plus
sanglant combat, je le repris de nouveau, et depuis je le
gardai jusqu’à la fin de la bataille. L’ennemi laissa
dans ce bois six mille morts, et moi deux mille avec un
de mes généraux et presque tous mes officiers
supérieurs ; de plus, les blessés et les pertes
que j’avais faites à la bataille du 16 me réduisirent
à deux bataillons. Je reçus l’ordre de l’Empereur
de me rendre auprès de lui : il me reçut encore
mieux que la veille, et me dit : “Il est impossible
de se mieux battre ; actuellement qu’il ne vous reste plus
que deux bataillons, demeurez pour vous porter partout où
il y aura du danger.” L’affaire allait à merveille
; il était trois heures, nous avions déjà
gagné beaucoup de terrain sur l’ennemi, qui en était
à sa dernière position ; (...)
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