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| Dernière modification: 26/11/2002 Brésil.
BRESIL, Brasilia,
grand pays de l’Amérique Méridionale avec titre de principauté affecté à
l’héritier présomptif de Portugal. Il fut découvert par Dom Pedro Alvares
Cabral, portugais, le 24 avril 1500, qui lui donna le nom de Sainte-Croix. Il
est borné E. et N. par la mer, O. par le pays des Amazones, S. par le Paraguay.
C’est la principale ressource des Portugais. Les eaux y sont excellentes, l’air
bon, quoique chaud, le terrain fertile et excellent. Le sucre y vient en plus
grande quantité qu’en aucun autre pays du monde. Il y a beaucoup de bétail, des
forêts entières d’arbres de Brésil, et de bois nommé Copau, dont
il se distille un baume excellent. On y voit un oiseau nommé Colibri, pas
plus gros qu’une mouche, qui chante comme le rossignol. On y trouve des singes,
des perroquets et quantité d’autres animaux, des arbres et des plantes inconnus
à l’Europe. On y a découvert une quatrième espèce de rubis et de topaze. Ce pays
est habité par les Portugais et par un grand nombre de peuples qui ne leur sont
pas soumis. Ces peuples sont sauvages et vont nus. Ils sont robustes, toujours
gais, peu sujets aux maladies, et vivent longtemps. Ils aiment à se parer de
plumes, qu’ils s’attachent aux joues. Ils ont des fêtes, où ils sautent et
dansent beaucoup, surtout lorsqu’ils se préparent à manger quelque captif. Ils
n’ont ni temple ni monument extérieur à l’honneur d’aucune divinité. Ils ne se
marient ni avec leur mères, ni avec leurs sœurs, ni avec leurs filles ; pour
tous les autres degrés de parenté, on n’y prend pas garde. Leurs entretiens
ordinaires roulent sur les ennemis qu’ils ont tués ou mangés. Ils sont presque
toujours en guerre avec leurs voisins, n’ayant ni roi ni prince. Lorsqu’ils ont
un prisonnier, s’il est gras, il est aussitôt mangé ; mais s’il est maigre, on
lui donne une fille pour le servir, être sa maîtresse, et l’engraisser. Lorsque
le jour qu’on doit le tuer et manger est venu, tout le monde est invité à la
fête : on se divertit à boire et à danser ; le prisonnier lui-même est de la
partie ; et bien loin de s’effrayer, il raconte d’un air fier ses exploits, et
leur fait un long détail de leurs pères, frères ou parents qu’il a rôtis et
mangés. Il les défie même, en disant à celui qui doit l’assommer, de lui
donner la liberté, et qu’il le mangera lui et les siens. On lui réplique :
Hé bien, nous te préviendrons, et tu seras mangé tout à l’heure. Après
quoi on le tue, on le lave, on le rôtit et on le mange, en s’exhortant bien les
uns les autres d’être courageux à la guerre, afin d’avoir bonne provision de
chair humaine pour les festins. (Correal, Voyage.) (Vosgien, Dictionnaire géographique portatif, Paris 1758.)
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