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Dernière
modification le 12 mars 2005.
Brialmont
Bernaert,
Fastes militaires des Belges au service de la France :
Brialmont,
M. L. J., de Liège, lieutenant général. -
Le 14 septembre 1808, soldat
au 86e régiment de ligne; fourrier le 7 mai 1810. Sergent
au régiment de Belle-Ile (devenu 36e de ligne) le 23 mars
1811, sergent major le ler juin suivant. Sous-lieutenant le 21
août 1812, lieutenant le 28 janvier 1813, capitaine provisoire
aux États-majors d'Italie, le 18 février 1814, et
confirmé le 19 mars de la même année.
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Démissionné
honorablement le 28 janvier 1816, il avait participé aux
campagnes de 1808 et 1811 en Espagne; de 1812 en Russie; de 1813
en Saxe et en Italie; 1814 en Italie, 1815 à Waterloo.
Il fut blessé d'un coup de feu à la jambe gauche au
siège d'Astorgo, le 28 mars 1810; d'un coup de lance à
la jambe droite à la bataille de Mailoïaros Lavitz,
le 23 octobre 1812; de coups de feu au bras gauche et à l'épaule
droite, à la bataille de Bautzen, le 21 mai 1813. Chevalier
de la légion d'honneur du 7 septembre 1812, le brave général
Brialmont fut successivement promu dans l'ordre : au rang d'officier,
le 6 novembre 1846, par une ordonnance du roi Louis-Philippe ler;
à la dignité de commandeur, en 1854 par un décret
de l'empereur Napoléon III. Distinction exceptionnellement
déférée dans notre pays, Brialmont avait été
créé en 1878 (le 25 septembre), grand cordon de l'ordre
de Léopold comme le devint également en 1888 son fils
M. le lieutenant général Alexis, notre éminent
ingénieur militaire. Né le 17 février 1789
et mort le 15 avril 1885, âgé donc de plus de 96 ans,
feu Brialmont était le Nestor des officiers de l'armée
belge, et le dernier des disparus de ceux qui, belges, furent officiers
dans les rangs de l'armée française.
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Paul
Crokaert, Brialmont, Bruxelles 1928 :
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Mathieu Brialmont,
naquit à Seraing le 17 février 1789
; il fut une des plus authentiques gloires de notre pays et de notre
armée. Enrôlé dans l'armée française,
au 86e régiment de ligne, le 14 septembre 1808,
il passa, l'année suivante, au 84e de ligne qui soutint à
Gratz, en Styrie, un combat héroïque à la suite
de quoi Napoléon fit inscrire sur son drapeau : « Un
contre dix ». Après Wagram, le sergent Mathieu Brialmont
s'en fut en Espagne où il se distingua à Cantalapieda,
fut blessé à Astorgo à l'assaut d'une redoute
et à Coïmbre, au plus vif d'une charge contre les Ecossais.
Il était sergent-major au régiment de Belle-Isle (136e
de ligne) lorsqu'il partit pour la Russie. Le 21 août 1812,
il fut nommé sous-lieutenant et fait, le 7 septembre, chevalier
de la Légion d'honneur pour sa conduite à la Moskowa.
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Le
général Brialmont en 1884,
entouré de sa fille, de sa petite-fille,
de son arrière-petite-fille,
et de la fille de celle-ci.
Cinq générations ! |
Doué de la plus rare
énergie physique et morale, il parvint à surmonter les
atroces fatigues de la retraite, encore qu'il eut été
blessé d'un coup de lance à la jambe. Lieutenant le
28 janvier 1813, il reçut, sur la Saale, l'ordre du général
Durutte de diriger le repli d'une partie du 7e corps qui avait perdu
presque tous ses officiers,et il se tira de cette mission avec tant
d'honneur qu'il en fut félicité sur le front des troupes. |
A Lutzen,
il est mis à l'ordre du jour de l'armée; à Bautzen,
il est grièvement blessé par un éclat de bombe. Il
guerroya ensuite en Italie et reçut du prince Eugène un
certificat d'honneur pour sa tenue vaillante à la bataille du Mincio.
Promu capitaine, il fit, au retour de l'île d'Elbe, la campagne
de Belgique et fut à Waterloo. Il prit
ensuite du service dans l'armée des Pays-Bas.
Il garnisonnait à Venloo en 1820 quand il y épousa la demoiselle
Marie Verwins, fille aînée d'un négociant de la ville,
personne pieuse et attentive à ses devoirs. Sa dot consistait en
une vaste maison des champs, entourée de bois, de cultures, de
fleurs et d'eaux, située à Maagdenberg, à quelques
kilomètres de la ville. C'est là que naquit Henri-Alexis
Brialmont, le 25 mai 1821 et que naquirent également son frère
et ses deux soeurs.
Et le père Brialmont se fit ainsi soldat laboureur. Il aimait la
terre et ses travaux. Mais son imagination travaillait. Elle lui inspira
l'idée fâcheuse d'introduire dans ce Limbourg vert et froid
les cultures des terres chaudes et jaunes : il coupa ses bois et y planta
la vigne et le mûrier. Les années de soleil, le raisin mûrissait,
on le mettait au pressoir et c'était alors si large régalade
pour les amis de la ville et les officiers de la garnison qu'il ne restait
guère de vin pour la vente. L'amour-propre du vigneron y trouvait
son compte, mais point sa bourse. Les mauvaises années, la vendange
ne fournissait que du vinaigre ! Quant au ver à soie, il ne sut
s'acclimater aux frimas de la Meuse; les mûriers durent être
brûlés sur pied et prosaïquement remplacés par
des champs de pommes de terre. Il vint plus tard des prêteurs hypothécaires,
qui firent si bien que le soldat laboureur n'eut plus désormais
que sa solde pour vivre.
En 1829, étant avec son régiment à Maestricht, Mathieu
Brialmont se prit de querelle de bec à bec avec des officiers d'origine
hollandaise et, comme il n'avait pas eu à se louer de la façon
dont les généraux et les chefs de corps traitaient les officiers
qui avaient servi Napoléon et qui lui étaient restés
fidèles pendant les Cent Jours, il demanda et obtint sa mise en
non activité. Celle-ci lui fut d'autant moins cruelle que l'agitation
patriotique allumait déjà partout ses feux dans les provinces
belges et qu'un an plus tard, après avoir envoyé sa démission
à La Haye, il put s'enrôler dans la jeune armée du
Gouvernement provisoire. Il eut aussitôt la bonne fortune d'accomplir
une action d'éclat. Venloo, ville historiquement belge, avait été
cédée aux Provinces-Unies du Nord, avec Nimègue et
Arnhem, en 1648, par le traité de Munster; mais son coeur était
resté fidèle. Par les relations qu'il possédait dans
la place, le major Mathieu Brialmont aida puissamment le général
Daine à mettre la main sur celle-ci. Le 9 novembre 1830, les troupes
belges étaient entrées à Ruremonde, par le pont Rouge,
reçues en musique par la population. Le lendemain, Daine arrivait
devant Venloo. Le général hollandais Schepern, qui commandait
la place, refusa de se rendre. Les quatre canons de Daine avaient à
peine ouvert le feu contre la ville que les habitants s'ameutèrent;
la « Schuttereye » mit à ses shakos la cocarde belge;
l'arsenal fut pillé. Ce que voyant, le général Schepern
voulut, avec les soldats qu'il avait encore en mains, gagner le territoire
prussien où il savait qu'un accueil cordial lui serait fait; mais,
à cette nouvelle, un officier et quelques militaires de la garnison
se hâtèrent d'abaisser le pont-levis de la porte de la Meuse,
et les Belges entrèrent dans la place, tambours battants. La garnison
fut faite prisonnière. Il s'y trouvait deux généraux,
un colonel, 115 pièces de canon, un attirail de guerre considérable
et 800 tonneaux de poudre que les Hollandais n'avaient pas eu le temps
d'aller noyer au fleuve. Ce fut une belle journée. La chute de
Venloo faisait les Belges maîtres de tout le Limbourg, sauf de Maestricht,
qui se trouva dès lors isolée. Dans ce coup de force et
d'adresse, le major Mathieu Brialmont avait pris large part. Si le général
Daine l'eût écouté, il eût marché sans
débotter sur Nimègue, en eût brusqué la chute,
car elle était fort dépourvue au point de vue militaire,
et sa prise eût été vraisemblablement le signal de
l'évacuation de Maestricht et d'Anvers. Mais Daine hésita,
temporisa et l'occasion fut perdue. La conduite de Mathieu Brialmont reçut
récompense. Il fut nommé commandant supérieur de
Venloo et des rives de Meuse et promu lieutenant-colonel le 24 juillet
de l'année suivante. Sa ferme attitude en imposa si bien aux troupes
hollandaises dont les avant-postes touchaient les siens que pas un citoyen
belge ne fut molesté même dans le pays d'aval. C'est ainsi
qu'il invita le commandant hollandais de Boxmeer à défendre
aux bateliers hollandais de s'en prendre aux bateliers belges, faute de
quoi il défendrait ceux-ci les armes à la main. On le vit
aussi manoeuvrer en liaison avec le général Magnan, le futur
maréchal de France alors jeune officier qui, à la suite
d'une disgrâce, avait pris service dans l'armée belge, et
coopérer avec lui au blocus de la forteresse de Maestricht occupée
par un chef énergique, le général Dribbets et par
une forte garnison hollandaise. Le colonel Brialmont nous conserva la
ville de Venloo jusqu'au traité de 1839 qui l'arracha au soi national
avec la moitié du limbourg, encore que l'une et l'autre eussent
été belges depuis toujours.
La destinée de Mathieu Brialmont se poursuivit dans l'éclat,
sinon dans la richesse. Décoré de la Croix de fer, il fut,
en 1836, nommé commandant de la place d'Anvers. Le Roi Léopold
I le remarqua, et le ci-devant général des armées
russes du début du siècle s'attacha comme aide de camp l'ancien
officier d'infanterie française; il le nomma aide-major général,
puis, en 1849, lieutenant-général et, l'année qui
suivit, ministre de la guerre. Mais la politique ne sut prendre un tel
homme : comme ses collègues du cabinet réclamaient instamment
de lui, pour des fins électorales, une réduction des dépenses
militaires, Mathieu Brialmont donna sa démission en avril 1851
et s'en alla reprendre son commandement de troupes. Il demanda sa retraite
en 1854, resta quelque temps encore aide de camp du Roi et ne mourut,
à Anvers, qu'en 1885, dans sa quatre-vingt-dix-septième
année, fort vert encore, ma foi, et ne passant de vie à
trépas que parce qu'il avait mangé inconsidérément
un peu trop de fraises au champagne.
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