Carnate
Carnate. Royaume des Indes orientales, borné S. par celui de Maissur, N. par celui de Golconde, O. par celui de Canara, E. par la côte de Coromandel. Les habitants sont très superstitieux. Leur gouvernement est aussi bizarre que leur religion. Toutes les terres appartiennent au Prince qui les fait cultiver. Ce peuple est assez spirituel, puisqu'il a assez de connaissance d'astronomie pour prédire avec quelque justesse les éclipses. Les Jésuites y ont converti plusieurs de ses habitants. Bisnagar ou Canderghéri en est la capitale. Les Anglais ont assuré à leur protégé Mahomet-Ali-Kan le Carnate et autres possessions de différents princes qui, pendant l'autorité du Mogol sur ces provinces, avaient été dépendantes du Carnate. Ce prince a un revenu de 31 millions et demi de livres, dont il remet à ses protecteurs 9 millions, au moyen desquels ils sont chargés de la défense de ses forteresses et de ses états. (Vosgien, Dictionnaire géographique portatif, troisième édition, an VII-mai 1799.)
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On lit dans
le Morning-Chronicle du 8 janvier (18 nivôse), la lettre qui suit :
Au président de la Cour des directeurs de
la compagnie des Indes-Orientales.
Monsieur,
Votre gouverneur-général des Indes, marquis Wellesley, vous a sans doute
expliqué les motifs qu'il a eus pour déposer l'héritier légitime du dernier
nabab d'Arcot, et placer son neveu, petit-fils de Walajah, sur le trône du
Musnud ; mais comme cet acte existe dans toute sa force, au grand étonnement de
l'Inde entière ; comme il est diamétralement opposé aux dispositions
testamentaires du dernier nabab, dispositions strictement conformes à la loi de
Mahomet, aussi bien qu'à celle de la nature, il est juste d'en conclure que le
dernier nabab, ou le jeune prince son fils et héritier, s'est rendu coupable de
quelque crime extraordinaire, pour être ainsi privé de son héritage, et plongé
par là dans l'obscurité et la détresse. Vous ne pouvez ignorer que le dernier
nabab eut à peine expiré, que M. Welb, secrétaire du gouvernement, et le
lieutenant-colonel Close, délégués par le gouvernement de Madras, parurent
dans le palais, et demandèrent à voir le testament du prince défunt. Trouvant
que son fils y était déclaré son successeur, ils reconnurent pleinement son
droit, mais en même temps ils produisirent une sommation par écrit, pour qu'il
eût à remettre la souveraineté entière et absolue du Carnate à la
compagnie, qui à cette condition lui assurait à lui-même une pension considérable.
Le jeune prince déclara qu'une pareille mesure, s'il y consentait, serait en
opposition directe avec les dispositions testamentaires d'un père révéré,
dont les instructions au lit de la mort avaient été que son fils n'aliénât
jamais volontairement aucune partie des états d'Arcot, mais qu'il travaillât
par son économie et sa bonne conduite à remplir ses engagements avec la
compagnie, et à tenir parole à tout le monde en général.
Les délégués déclarèrent alors au prince que la cession absolue et sans
conditions aucune du pays, était demandée positivement. Pour rendre le jeune
prince plus docile, ils le séquestrèrent, pendant 24 heures, de toute sa
famille et de ses amis, dans l'espérance qu'il finirait par acquiescer aux
demandes de la compagnie. Mais on lui permit enfin de communiquer avec sa
famille, sans qu'on eût pu le convaincre ou l'intimider. Une seconde conférence
fut proposée, et les délégués déclarèrent qu'elle serait la dernière.
Le jeune prince fit valoir de nouveau les raisons qu'il avait données déjà ;
et les délégués, qui avaient le sentiment de leur force, tinrent ferme. Le
prince leur remit alors un papier par lequel il déclarait qu'il était dans
l'intention de céder à la compagnie la quantité de pays suffisante pour
remplir les subsides qui lui sont dus, et pour liquider graduellement les dettes
particulières que son père l'avait conjuré d'acquitter religieusement. Il
demanda ensuite que, quand ces deux points seraient pleinement assurés par la
cession de certains districts, la compagnie fût assez juste pour lui assurer la
souveraineté complète du reste.
Cette proposition fut rejetée avec dédain. Le jour suivant, une salve
de l'artillerie du fort Saint-Georges annonça que le neveu du dernier nabab était
élevé à la souveraineté du Carnate, et en même temps on publia un ordre général
du gouvernement, déclarant que ledit prince avait fait la cession formelle de
ses Etats à la compagnie des Indes-Orientales. (Le Moniteur Universel, 25 nivôse
an 10 – 15 janvier 1802.)
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