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Dernière modification : 11 mars 2001 Chine
Chine, Sinae, grand empire d'Asie, borné à l'E par la mer, N par une muraille de près de 400 li qui le sépare de la Tartarie, O par de hautes montagnes et des déserts, S par l'Océan, et les royaumes de Tonquin, de Cochinchine, de Lao, et autres. Il a 750 li de long, sur 500 de large, selon quelques-uns ; mais le P. Le Comte ne lui donne que 450 li de long sur 400 li de large. Les plaines sont unies et mises au niveau, afin de les mieux arroser, et les collines sont coupées par étages, depuis le pied jusqu'au sommet, afin que les pluies s'étendent également partout. Il y a peu de grandes montagnes dans la Chine. Quelques auteurs portent la population de cet empire à 200 millions ; un éditeur de ce dictionnaire a peine de lui accorder 20 millions d'âmes La plupart lui suppose environ 50 millions, ce qui paraît le plus raisonnable. Mais c’est un objet de trop peu de conséquence pour s’enthousiasmer pour ou contre aucune de ces opinions. Il y a des mines de fer, d'étain, de cuivre, de mercure, d'or et d'argent ; des grains et des légumes de toutes sortes, surtout du riz ; un très grand nombre de simples, et plusieurs espèces de fruits et d'arbres particuliers au pays ; celui qui porte le suif est le plus admirable. Il y a beaucoup de rivières et l'on a construit un grand nombre de canaux pour faciliter le commerce. Par le moyen du canal royal et des rivières qui y communiquent, on peut aller de Pékin à Canton, mais avec une interruption d'une journée de marche pour traverser une montagne entre la province de Quanton et le Kiangsi. Les Chinois ont le teint olivâtre. Ils font consister la beauté à être gros et gras, à avoir le front large, les yeux petits et plats, le nez court, les oreilles grandes, la barbe longue et les cheveux noirs. Les femmes y sont d'une modestie affectée ; elles ne sortent guère à cause de la jalousie des hommes, et par la difficulté qu'elles ont de marcher : la plus grande beauté d'une femme est d'avoir les pieds fort étroits ; on les leur serre dans l'enfance pour les empêcher de grossir, ce qui les leur rend presqu'inutiles. Les Chinois ont l'agriculture, le commerce et la navigation en grande vénération ; ils aiment les arts et les sciences, sans néanmoins y entendre grande chose. Ils sont fort curieux de l'astronomie, mais ils ne sont pas en état de prédire une éclipse ni de faire un almanach avec précision : leurs maisons ne sont que de rez-de-chaussée, surmontées souvent d'une tour. L'imprimerie, la poudre à canon et l'usage de la boussole sont anciens à la Chine ; mais tout cela est resté chez ce peuple dans une espèce d'enfance. Il paraît que les Chinois sont les anciens Sérès : pour s'en convaincre, il n'y a qu'à lire J. Solinus-Polyhistor, C. 63. Tout ce qu'on raconte de la haute antiquité de cet empire est incertain, sinon fabuleux. Mr. de Guignes montre très bien qu'il n'y a pas de vraisemblance dans l'histoire chinoise, si on remonte au-delà de l'an 1122 avant l'ère chrétienne, et que le fil suivi de leur chronologie ne commence que 2 ou 3 siècles plus tard. La Chine est gouvernée par un empereur qui est tout à la fois despote et esclave. La dernière famille impériale est celle des Tartares, qui règne depuis 1640. L’empereur est idolâtre, et le chef de la religion dominante, qui est l'idolâtrie. On assure qu'il y a aujourd’hui plus de 1.200.000 chrétiens. Le P. Mathieu Ricci, jésuite, y porta la foi en 1582. La plupart des Chinois sont polygames, beaucoup sont voleurs. Leur langue est très embrouillée, très pauvre, malgré le nombre prodigieux de ses caractères ; il n'y a peut-être pas un Chinois qui l'entende parfaitement : les lettrés chinois sont ceux qui savent lire, et les plus savants sont ceux qui savent le plus de lettres. Le thé, la soie crue et fabriquée, et la porcelaine, sont les grands objets de commerce des Chinois avec les nations européennes. La Chine est divisée en 16 grandes provinces, qui sont Pékin, Oansi, Xensi, Chanton, Honan, Suchuen, Huquang, Chiansi, Nankin, Chékian, Fokien, Quanton, Kansi, Junnan, Queïchau et le pays de Léaosoun. Pékin en est la capitale. (Vosgien, Dictionnaire géographique portatif, troisième édition, an VII-mai 1799.) Dans
l’édition de 1758 du même dictionnaire, on lisait : Chine, Sina, grand empire d'Asie, borné à l'E par la mer, N par une muraille de près de 400 li qui le sépare de la Tartarie, O. par de hautes montagnes et des déserts, S par l'Océan, et les royaumes de Tonquin, de Cochinchine, de Lao, et autres. Il a environ 750 li de long, sur 500 de large. Les plaines sont unies et mises au niveau, afin de les mieux arroser, et les collines sont coupées par étages, depuis le pied jusqu'au sommet, afin que les pluies s'étendent également partout. Les montagnes sont cultivées ou couvertes de bois. Il y a des mines de fer, d'étain, de cuivre, de mercure, d'or et d'argent. Toutes les plaines sont cultivées : on n’y voit ni haies, ni fossés, tant les Chinois craignent de perdre du terrain. Il y a des grains et des légumes de toutes sortes, surtout du riz, un très grand nombre de simples, et plusieurs espèces de fruits et d'arbres particuliers au pays ; celui qui porte le suif est le plus admirable. Il y a beaucoup de rivières et l'on a construit un grand nombre de canaux pour faciliter le commerce. Il y en a grand que l’on appelle le canal royal par lequel on peut aller d’un bout de la Chine à l’autre, toujours par des rivières et des canaux. Les Chinois sont basanés et ont le teint olivâtre. Ils font consister la beauté à être grands, gros et gras, à avoir le front large, les yeux petits et plats, le nez court, les oreilles grandes, la barbe longue et les cheveux noirs. Les femmes y sont d'une modestie affectée. Les Chinois ont l'agriculture, le commerce et la navigation en grande vénération ; ils aiment les arts et les sciences. Ils ne sont pas si magnifiques dans leurs maisons qu’en Europe ; mais ils le sont plus quand ils paraissent en public. L’imprimerie, la poudre à canon et l'usage de la boussole sont très anciens à la Chine. La Chine comprend plus de monde qu’il n’y en a en Europe, et est gouvernée par un empereur qui a un pouvoir absolu et droit de désigner son successeur. Il se regarde comme le père du peuple ; chaque Mandarin, c’est-à-dire seigneur, a la permission de l’avertir de ses défauts par un placet qu’il lui adresse. Il n’y a jamais eu d’Empire qui ait duré si longtemps. On convient qu’il subsiste depuis plus de 4000 ans sans interruption. L’histoire chinoise en fait remonter l’origine bien plus haut. Il y a eu 22 familles différentes qui ont donné 236 empereurs. La dernière famille est celle des Tartares, qui règne depuis 1640. L’Empereur est idolâtre et le chef de la religion qui est l’idolâtrie : il a droit de canoniser ses sujets qui ont excellé en vertus. Les Chinois prennent autant de femmes qu’ils en peuvent nourrir. Leur écriture est hiéroglyphique ; chaque caractère est le signe d’une chose. La Chine est divisée en 16 grandes provinces par le Kian. Ces provinces sont Pékin, Oansi, Xensi, Xanton, Honan, Suchuen, Huquang, Kiangsi, Nankin, Chékian, Fokien, Quanton, Quangsi, Yunnan, Queïchau et le pays de Léaotoun. Pékin en est la capitale.
Canton,
25 mars (4 germinal). L'autorité impériale est dévolue
au fils de l'empereur, Ka-Hing, qui, depuis deux ans, gouvernait réellement
sous le nom de son père.
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