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Dernière modification:
10/12/2002
Combes-Brassard
D'après Thiers, Combes-Brassard était
chef de l'état-major du 6e corps, et
l'historien avait consulté ses "notes" qu'il qualifie de "fort curieuses,
fort intéressantes, écrites il y a longtemps". Mais il n'en cite qu'un petit
passage ayant trait au général Drouot, négligeant complètement le corps du
récit, qui est en contradiction complète avec les versions de Sainte-Hélène.
Pourtant, le témoignage d'un officier d'état-major n'est pas à négliger.
Il en va de même pour Houssaye, qui a également eu connaissance des notes de
Combes-Brassard, parues en 1899 à Montauban. Mais pour Houssaye aussi, un récit
en contradiction avec ceux de Sainte-Hélène est évidemment suspect, à écarter.
Il écrit dans son ouvrage " la
Garde meurt et ne se rend pas, histoire d’un mot historique, (Paris, 1907, p
14) :
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"A remarquer d’ailleurs que
les grosses inexactitudes qui fourmillent dans sa notice font suspecter
extrêmement la véracité de Combes-Brassard. Il dit que Pajol entra à Namur
le 17 juin ; que la droite française (corps d’Erlon) ne s’engagea qu’après
les charges des cuirassiers. Enfin chose plus étrange encore, il se donne
comme chef d’état-major de Lobau. Or le chef de l’état-major de Lobau était
le général Durrieu. Combes-Brassard et l’adjudant-commandant Janin étaient
sous-chefs de l’état-major. (Archives de la Guerre. Dossiers de
Combes-Brassard et de Janin.)" |
Le récit de Combes-Brassard est daté du
"22 juin 1815, au
château de l’Echelle ou Léchelle, près de Guise". La note a été achevée
postérieurement, puisqu'elle relate la fuite de Combes-Brassard devant l'avance
prussienne le 25 juin. Le fait qu'il écrive le 22 juin que Pajol est entré à
Namur le 17 n'est pas de nature à faire rejeter son témoignage, au contraire :
c'est même un renseignement fort précieux, puisqu'il montre qu'on était persuadé
le 18 juin, dans l'état-major français, que les Prussiens étaient en pleine
retraite vers l'Allemagne. Qu'un officier de l'état-major du 6e corps n'ait pas
pu, le 22 juin, situer avec précision les différentes phases de la bataille,
n'est pas non plus de nature à faire rejeter son témoignage. D'autant plus que
la charge des cuirassiers dont il est question est celle ordonnée par le
maréchal Ney au moment de l'attaque de d'Erlon. Enfin, si les archives de la
guerre confirment que Combes-Brassard était sous-chef de l'état-major du 6e
corps, il n'est pas surprenant qu'il se donne comme chef d'état-major, si l'on
sait que le général Durrrieu a été grièvement blessé au moment de l'attaque de
Bülow.
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(...)
Ce fut alors que la droite de l’armée française, aux ordres du comte d’Erlon,
se porta en avant pour s’engager.
Mais le mal était déjà très grand. Notre cavalerie avait fait des pertes
énormes ; elle avait peu de moyens de soutenir et de décider une nouvelle
attaque.
Le 6e corps, formant la réserve (j’étais chef d’état-major général de ce
corps), marcha pour soutenir l’attaque de la droite. Ce corps était
composé entièrement d’infanterie.
Il était trois heures et demie, un feu infernal s’étendait sur toute la
ligne des deux armées. Le 6e corps achevait de se déployer en réserve sur
toute la droite de l’armée, lorsque, me rendant à l’extrémité de notre
droite, je reconnus des têtes de colonnes qui débouchaient du côté de
Vavres, par Ohain et Saint-Lambert.
Ces colonnes étaient prussiennes. Leur arrivée se produisait sans que
l’Empereur eût donné aucun ordre. Nous étions tournés.
Incertain encore sur la nature et les intentions de ces troupes, je
m’approchai d’elles pour reconnaître leurs mouvements. Bientôt je vis que
cette colonne était prussienne et manœuvrait pour se porter sur nos flancs
et sur nos derrières, de manière à couper à l’armée française la retraite
sur Genape et le pont de la Dyle.
Je volai prévenir de ce mouvement. Il était temps encore, en prenant la
position où l’armée avait bivouaqué avant de livrer la bataille, de
prévenir les dangers de la position où nous nous trouvions. Mais il n’y
avait pas un moment à perdre. Le perdre, c’était perdre l’armée. La
fatalité en avait ainsi ordonné.
L’empereur, obstiné à vouloir enfoncer le centre de l’ennemi, ne tint
aucun compte des mouvements qui se faisaient sur ses flancs.
Les Prussiens avaient déjà joint la gauche des Anglais et se déployaient
sur nos derrières, de sorte que la droite de l’armée et le 6e corps se
trouvaient compris dans un triangle aigu dont les deux côtés et la sommité
étaient l’armée anglaise et prussienne.
Un feu terrible d’artillerie et de mousqueterie s’engagea à l’instant. Les
régiments anglais, prussiens et français disparaissaient comme des
fantômes chassés par le vent.
Nos derrières et nos flancs étaient coupés par l’ennemi. Le 6e corps
s’ouvrit un passage à la baïonnette, mais nous sortîmes de cette position
pour voir toute l’armée française s’ébranler en désordre, pour faire une
retraite trop tardive pour ne pas être bientôt une affreuse déroute. (...) |
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