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Dernière modification:08/03/2005
Dewez, Histoire de Belgique, 1805
Dewez, Histoire
générale de la Belgique depuis la conquête de César,
Bruxelles, an XIV - 1805.
En 1805 et 1806 paraît à Bruxelles un ouvrage en six volumes,
intitulé Histoire
générale de la Belgique depuis la conquête de César,
dont l'auteur est un M. Dewez, "sous-préfet de l'arrondissement
de Saint-Hubert, département de Sambre-et-Meuse.
Quelques extraits de sa préface nous éclaireront
sur les motivations de l'auteur :
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Quoique l’on puisse profiter
dans la lecture des histoires de toutes les nations, dit le célèbre
chancelier d’Aguesseau, c’est cependant à celle de notre pays
que nous devons particulièrement nous attacher. Les unes sont
pour nous l’agréable et l’utile, l’autre l’essentiel et le
nécessaire ; nécessaire pour tout homme éclairé
qui ne veut pas vivre comme un étranger dans sa patrie ; encore
plus nécessaire pour un homme destiné à servir
la république. »
C’est ce motif qui m’a engagé à entreprendre l’ouvrage
que je donne au public, fruit de douze années de recherches
et de travail. En me chargeant de cette tâche pénible,
j’ai plus écouté mon zèle, que je n’ai consulté
mes forces. Le désir d’être utile à mes concitoyens
m’a fait oublier toutes les considérations qui auraient pu,
qui auraient dû peut-être me faire abandonner un projet
dont l’exécution offre tant de difficultés.
Le défaut d’ouvrage régulier et méthodique met
les Belges dans l’impossibilité de connaître et d’étudier
leur histoire, de façon qu’à cet égard, ils sont,
pour ainsi dire, étrangers dans leur propre pays. J’ai donc
cru que mes concitoyens n’accueilleraient pas avec indifférence
un essai que je n’ai hasardé que pour leur faciliter les moyens
d’acquérir cette connaissance si importante et si négligée.
L’amour de mon pays m’inspira, dès ma première jeunesse,
le désir et le projet d’en étudier et d’en approfondir
l’histoire. Je tâchai, à force de soins, de recherches
et d’application, de me procurer les documents nécessaires,
et j’eus l’avantage de puiser souvent dans les sources. Je cherchai
mes matériaux dans la plupart des annales et des chroniques
anciennes, et j’en fis des extraits. Je les comparai, je les confrontai,
et je m’efforçai de démêler la vérité,
de ce tissu de fables, de contradictions et d’absurdités dont
fourmillent ces vieux monuments. Ce travail, toujours pénible,
souvent rebutant, quelquefois désespérant, ne put cependant
me dégoûter de mon projet. (...) |
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Je divise chaque époque
en chapitres. Je sais que les anciens historiens n’ont point adopté
ces subdivisions. Je conçois en effet que dans une histoire
qui ne traite qu’un événement particulier, comme une
révolution, une conjuration, une guerre, la narration doit
être continue, parce que tous les faits sont essentiellement
liés ; mais l’histoire générale d’un pays qui,
comme la Belgique surtout, a éprouvé tant de changements
soit dans la domination, soit dans la délimitation, exige nécessairement
une marche différente. L’histoire belgique, étant comme
naturellement coupée, par les règnes des différents
princes qui en ont gouverné les provinces ou réunies
ou séparées, selon les révolutions qu’elles ont
éprouvées dans les différents temps, est comme
naturellement astreinte à être traitée par sections,
pour éviter le désordre et la confusion qui résulteraient
infailliblement d’un récit où seraient cumulés
sans interruption, sans distinction et sans enchaînement, des
faits souvent indépendants les uns des autres, parce qu’ils
appartiennent ou à des règnes ou à des provinces
différents.
Toutes ces époques ont, en quelque sorte, un caractère
particulier selon les différents changements qu’a subis la
Belgique qui, tantôt plus étendue, tantôt plus
resserrée dans ses limites, a souvent passé d’une domination
à une autre, et dont les intérêts, l’administration,
la constitution, les mœurs même ont successivement changé
selon ces vicissitudes. (...)
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La Belgique, arrachée
par la trêve de 1609 aux longs déchirements et aux sanglantes
agitations qui l’avaient désolée pendant un espace de
cinquante ans, devint encore le théâtre de nouvelles
guerres qui ouvrent une carrière nouvelle à l’histoire,
qui désormais ne rencontre plus d’obscurité dans les
faits, ni de difficulté dans les recherches. J’ai eu soin de
donner les listes chronologiques et généalogiques des
différents souverains qui ont gouverné ou la Belgique
entière, ou les provinces séparées, afin que
le lecteur pût y recourir au besoin pour se faciliter l’éclaircissement
des faits qui, dans les temps obscurs où les provinces étaient
morcelées, sont souvent très embrouillées. (...) |
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J’ai tâché
de débrouiller les origines, de fixer les délimitations
et de suivre les variations qu’ont éprouvées les différentes
contrées comprises dans l’étendue de la Belgique, et
je me suis appuyé à cet égard non sur des conjectures
hasardées, sur des étymologies forcées, mais
sur des documents authentiques, sur des faits prouvés et sur
des rapprochements raisonnés, et j’ai consulté, sans
parler des anciens géographes, les auteurs qui ont spécialement
traité cette amtière, comme les savantes descriptions
de la Belgique de Guichardin, de Wastelain et d’Ortelius. |
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(A
suivre) |
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