Dernière modification:
28/05/2003
Drouet d'Erlon
Drouet
(Jean-Baptiste) est né à Reims le 29 juillet 1765. Il s'engage dans
l'armée royale en 1782, à dix-sept ans. En 1792, il s'enrôle dans un bataillon
de volontaires nationaux, et il gravit rapidement les échelons de la hiérarchie
militaire en combattant successivement dans les armées du Nord, de
Sambre-et-Meuse et du Danube. Il devient aide de camp du général Lefèbvre.
Général de brigade
en 1799, il combat sous les ordres de Masséna en Suisse, et se distingue à la
bataille de Zurich. L'année suivante, il prend part à la campagne d'Allemagne
sous les ordres de Moreau. En 1803, il sert dans l'armée de Hanovre, et est
fait général de division.
En 1805, il commande
un corps qui pénètre dans la Bavière par la Franconie. Il joue un rôle décisif
à la bataille d'Iéna, et prend part au siège de Dantzig. En 1807, il est
blessé à la bataille de Friedland, mais il reçoit en consolation la croix de
grand officier de la Légion d'honneur et le titre de comte d'Erlon.
Le 29 mai 1808,
Drouet d'Erlon est nommé chef d'état-major du corps du maréchal Lannes. En
1809, il combat dans le Tyrol les partisans d'Andréas Hofer. La même année, il
reçoit le commandement du 9e corps de l'armée d'Espagne, défait le général
Hill en Estrémadure, et obtient d'importants succès au Portugal en 1810.
Devenu un des lieutenants de Soult, il se fait remarquer par ses talents
militaires aux batailles de l'Adour, d'Orthès et de Toulouse.
En 1814, il se
rallie, comme toute l'armée, aux Bourbons. Drouet d'Erlon est à Lavaur (Tarn)
avec ses troupes, lorsque le duc d'Angoulême vient les passer en revue. Les
aides de camp du duc portent l'uniforme anglais, ce qui cause un grand mécontentement
parmi les troupes. Ce n'est que la première des erreurs commises par les
nouvelles autorités...
Le général Dupont,
qui avait aux yeux des amis du Roi le mérite d'avoir signé la capitulation de
Baylen, était ministre de la guerre. Lié d'amitié avec le général Drouet,
il lui propose le commandement de la 16e division militaire, comprenant les départements
du Nord et du Pas de Calais . "Voyant beaucoup d'exaltation et de mécontentement dans l'armée, écrit
Drouet dans ses souvenirs,
je crus que je pourrais encore être utile en tâchant de ramener et d'apaiser
les esprits". Il accepte donc ce commandement et se rend à Lille.
"J'étais loin de m'attendre que de cette époque commencerait, pour moi,
une longue suite de malheurs, de contrariétés, d'injustices, et que je serais
exilé pendant dix ou douze ans."
En mars 1815, la
tranquillité qui règne dans les départements du Nord est troublée par
l'annonce du débarquement de Napoléon au Golfe Juan. Drouet d'Erlon envoie le
régiment des Chasseurs à cheval de l'ex-Garde à Péronne, afin de les
rapprocher de Paris pour le cas où le gouvernement du Roi aurait eu besoin de
lui. Mais le général Lefèbvre-Desnouettes, qui le commande, est entré dans
un complot avec les généraux Lallemand, et il dirige ses chasseurs vers La Fère
afin d'y prendre de l'artillerie et, de là, aller rejoindre Napoléon.
L'équipée échoue.
Drouet d'Erlon n'était pas au courant de la conspiration, il est néanmoins mis
aux arrêts. Après l'entrée de Napoléon à Paris, le maréchal Davout, nommé
ministre de la guerre, rend à d'Erlon le commandement de la 16e division
militaire.
Le 26 mars, Napoléon
décide de former des corps d'observation. Le 1er devait comprendre les corps de
la 16e division militaire, et d'Erlon en reçoit le commandement.
Il est élevé à la
pairie le 2 juin 1815.
Il combat à la tête du 1er corps lors de la campagne de Belgique. Le 16 juin,
son corps d'armée, par suite de mauvaise transmission des ordres, se promènera
entre les champs de bataille des Quatre-Bras et de Ligny, et ne se rendra utile
nulle part. A Waterloo, le 1er corps occupe la droite de la ligne de bataille.
Il attaque la ligne anglaise dans une formation inhabituelle, lourde, qui lui
vaudra de sévères pertes lors de la charge de l'Union Brigade.
Compris dans
l'ordonnance du 24 juillet 1815, Drouet d'Erlon gagne l'Allemagne et se retire à Bayreuth,
où il dirige une brasserie.
Amnistié en 1825,
il rentre en France, mais il n'est remis en activité qu'après la révolution
de 1830.
En 1834, il est nommé
gouverneur de l'Algérie. Nommé maréchal de France en 1843, il meurt l'année
suivante.
Peu
après sa mort, sa famille fait paraître ses souvenirs sous le titre de "Le
Maréchal Drouet, comte d'Erlon. Vie militaire, écrite par lui-même et dédiée
à ses amis".