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Dernière
modification le 27 mars 2007.
Egypte
| La comparaison
de l'article "Egypte" dans trois éditions du Dictionnaire
géographique de Vosgien permet de
mesurer l'influence de l'expédition d'Egypte (1798) sur l'intérêt
porté à ce pays, et sur les connaissances que peut en avoir le public
français. |

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Pyramides
de Memphis,
(Suite des planches de l'Encyclopédie, 1777.) |
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Vosgien,
Dictionnaire géographique portatif, Paris 1758 : |
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Egypte,
Ægyptus, pays célèbre et considérable
d'Afrique d'environ 200 lieues de long, sur 50 de large, borné
S. par la Nubie, N. par la Méditerranée, E. par la mer
Rouge et l'isthme de Suez, O. par la Barbarie. On la divise en haute,
en basse et en moyenne. La basse s'étend jusqu'au Caire ; la
moyenne, depuis le Caire jusqu'à Bénésouef, et
la haute comprend l'ancienne Thébaïde. Le pays est extrêmement
fertile, mais il n'est pas si bien cultivé ni si bien peuplé
qu'autrefois. Il n'y a plus un si grand nombre de canaux ni d'aqueducs.
Il est habité par les Cophtes, qui sont les naturels du pays,
par des Mores, des Arabes, des Grecs et par les Turcs, qui en sont
les souverains. La situation de l'Egypte est très avantageuse
pour le commerce à cause du voisinage de la Méditerranée
et de la mer Rouge. Les Egyptiens sont les premiers qui ont cultivé
les sciences, surtout la géométrie et l'astronomie.
Il ne pleut presque jamais en Egypte. Elle a été longtemps
gouvernée par ses propres rois. Les Perses la conquirent ;
Alexandre la leur enleva. Elle passa aux Romains du temps de Cléopatre.
Omar Calife et successeur d'Abubecker s'en rendit maître ; ensuite
elle eut ses Soudans particuliers. Les Mamelucs la prirent et en jouirent
jusqu'en 1517, que Selim I, empereur ottoman, s'en rendit maître,
et depuis ce temps elle est aux Turcs. Le Nil la traverse du S. au
N. Le Caire en est la capitale. |
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Vosgien,
Dictionnaire géographique portatif, troisième édition, an VII-mai
1799 :
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Egypte,
Ægyptus, pays célèbre et considérable
d'Afrique, autrefois d'Asie, d'environ 150 lieues de long, sur 100
de large, borné S. par la Nubie, N. par la Méditerranée,
E. par la mer Rouge et l'isthme de Suez, O. par la Barbarie. On la
divise en haute, en basse et en moyenne. La basse s'étend jusqu'au
Caire ; la moyenne, depuis le Caire jusqu'à Bénésouef,
et la haute comprend l'ancienne Thébaïde. Le pays est
extrêmement fertile, parce que le Nil, en débordant et
en y séjournant, dépose un limon qui engraisse la terre
; mais il n'est pas si bien cultivé ni si bien peuplé
qu'autrefois. Il fournissait à Rome vingt millions de boisseaux
de blé, de-là vient qu'on l'appelait le grenier de Rome
; il l'est encore de Constantinople. Il n'y a plus un si grand nombre
de canaux ni d'aqueducs. Il est habité par les Cophtes, qui
sont les naturels du pays ; par des Maures, des Arabes, des Chrétiens
Grecs et latins, des Juifs, et par les Turcs, qui en sont les souverains.
Les Cophtes sont la plupart schismatiques. Benoît XIV a soumis
les Cophtes catholiques au patriarche Cophte de Jérusalem.
Ce peuple a une langue particulière, dont le caractère
ressemble au Grec. La situation de l'Egypte est très avantageuse
pour le commerce à cause du voisinage de la Méditerranée
et de la mer Rouge. Cette province est remplie des monuments qui attestent
son ancienne splendeur. On dit que les Egyptiens sont les premiers
qui ont cultivé les sciences, surtout la géométrie
et l'astronomie ; mais cela est pour le moins très incertain..
Il pleut rarement en Egypte, excepté dans le Delta, où
les pluies sont fréquentes. Elle fut longtemps gouvernée
par ses propres rois. Les Perses la conquirent, sous Cambyse ; Alexandre
la leur enleva. Elle passa aux Romains du temps de Cléopatre.
Omar, Calife et successeur d'Abubecker, s'en rendit maître ;
ensuite elle eut ses soudans particuliers. Les Mamelucs la prirent
et en jouirent jusqu'en 1517 que Selim I, empereur ottoman, s'en rendit
maître ; et depuis ce temps elle est aux Turcs. Ce pays est
gouverné par un pacha, qui a sous lui vingt-quatre Beys, qui
sont autant de gouverneurs particuliers de provinces ou Sangialis.
Le Nil la traverse du S. au N. Le Caire en est la capitale. V. Nil.
L'armée française, commandée par le général
Buonaparte, est débarquée le premier juillet 1798 à
Alexandrie, dont elle s'est emparée après une courte
résistance. Le 23 du même mois, les Français sont
entrés au Caire après avoir occupé Rosette, et
ils étaient ainsi les maîtres de la Basse-Egypte à
cette époque. |
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Dictionnaire
géographique portatif, par Vosgien,
1809 :
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Egypte,
Ægyptus, pays célèbre et considérable
d'Afrique, au N. E., d'environ 200 lieues de long, sur 60 de large,
est borné au N. par la Méditerranée, E. par l'Arabie-Pétrée
et la mer Rouge, au Midi par la Nubie, et à l'O. par la Barbarie.
On la divise en haute, en basse et en moyenne. La basse s'étend
de la Méditerranée jusqu'au Caire, la moyenne, depuis
le Caire jusqu'à Bénésouef ; et la haute comprend
l'ancienne Thébaïde. Les Turcs et les Arabes la nomment
Mizir, nom dérivé de Mesraïm, fils de Cham, et
que les Hébreux lui donnent dans l'Ecriture Sainte. Ce pays
est traversé, du Midi au Nord, par une longue chaîne
de montagnes qui ne sont pas éloignées du Nil, surtout
dans la Haute-Egypte. Il est très fertile, quoique sablonneux
; sa fertilité vient des eaux du Nil, la seule rivière
considérable du pays qui, en se répandant sur la surface
de la terre, y laisse un limon mêlé de nitre, qui l'engraisse
et porte l'abondance dans toutes les provinces où il coule.
Ce débordement s'opère régulièrement tous
les ans, vers le milieu de juin, et dure jusqu'au milieu de septembre.
L'année est très bonne quand l'eau monte jusqu'à
24 pieds, et alors on fait de grandes réjouissances. Quand
elle ne monte qu'à 16 pieds, il y a disette, et alors on ne
paie point de tribut au prince. Lorsque l'inondation passe la hauteur
de 31 pieds, elle est funeste parce que les eaux étant plus
longues à sécher, ôtent le temps nécessaire
pour semer. L'opinion la plus vraisemblable sur la cause des débordements
du Nil, est celle qui l'attribue aux pluies qui tombent par torrents
dans les pays voisins de la ligne où ce fleuve prend sa source.
Il y a des endroits où il se précipite du haut des rochers,
avec un bruit épouvantable ; c'est ce qu'on appelle les cataractes.
Il tombe dans un endroit de près de 200 pieds. L'Egypte était
si fertile en blé qu'autrefois elle en fournissait à
Rome, en certaines années, jusqu'à vingt millions de
boisseaux ; ce qui la faisait appeler le grenier de Rome. Le pays
n'est plus aussi bien cultivé ni si peuplé, et les canaux
sont à moitié comblés. Il fournit cependant encore
aux Turcs beaucoup de choses ; outre le blé, on y recueille
du riz, des olives, des dates, du séné, de la casse,
un baume précieux, et d'excellents fruits, du lin très
fin, etc. C'est en Egypte que se faisait le commerce des Indes par
la mer Rouge ; et les Ptolémée, pour le faciliter, avaient
fait achever le canal de communication des deux mers, commencé
par les anciens rois. Il avait plus de 50 lieues de long, sur 200
(pieds) de large, et assez de profondeur pour porter les plus grands
vaisseaux. Mais depuis la découverte du cap de Bonne-Espérance,
ce commerce a beaucoup diminué, et à peine trouve-t-on
aujourd'hui quelques vestiges de ce canal. Les Egyptiens, autrefois
si célèbres dans les sciences, dans les arts, sont bien
dégénérés de leur gloire antique. Il faut
attribuer ce changement aux différentes révolutions
que ce pays a éprouvées, et surtout à la barbarie
des Sarrazins, qui s'en sont emparés au 7e siècle, qui
ont mutilé les monuments des arts, et incendié les bibliothèques.
L'Egypte fut longtemps gouvernée par ses propres rois, dès
le temps d'Abraham. Les Assyriens, les Perses la conquirent plusieurs
fois. Alexandre l'enleva à ces derniers ; elle devint province
romaine à la mort de Cléopâtre, jusqu'au temps
qu'Omar le calife s'en fut rendu maître ; ensuite elle eut ses
soudans particuliers ; puis les Mamelucs en jouirent jusqu'en 1517,
que Selim I, empereur ottoman, s'en empara ; et depuis ce temps elle
a appartenu aux Turcs. En 1798, Bonaparte, guidé par la victoire,
est descendu dans ce pays, s'en est emparé au nom de la république
française, en menant avec lui des savants de tous les genres,
pour y porter les lumières, l'aménité française,
et rendre à ce pays son ancienne splendeur ; mais en 1802,
les Turcs, aidés des Anglais, la reconquirent… Les Egyptiens
ont su trouver le secret de multiplier la volaille en faisant éclore
les poulets sans faire couver les œufs, à l'aide de fours,
auxquels ils donnent un degré de chaleur proportionné
à celle naturelle aux poules. Cet art est très ancien,
puisque Pline en parle. La situation de l'Egypte est très avantageuse
pour le commerce à cause du voisinage de la Méditerranée
et de la mer Rouge. Ce pays est rempli de monuments de son ancienne
splendeur. On y voit ces fameuses pyramides qui subsistent depuis
3000 ans, et dont on attribue la bâtisse aux Hébreux.
Ces pyramide servaient de tombeaux pour les rois et les grands ; et
l'on y trouve encore des corps conservés en entier, que l'on
appelle momies. Le Caire en est la capitale. |
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Articles
sur l'Egypte, voir :
Nouvelles
du jour, 1er juillet 1804
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