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Dernière modification le 28 novembre 2004.

Gourgaud

Gourgaud (Gaspard), est né à Versailles le 14 novembre 1783. Il était fils d’un musicien de la chapelle du Roi et d’une « remueuse » du duc de Berry
Admis à l'école polytechnique en l'an 8 (23 septembre 1799), il passe en 1801 à l’Ecole d’artillerie de Chalons, d’où il sort le 23 septembre 1802, comme lieutenant en second au 7e régiment d’artillerie à pied, en garnison au camp de Boulogne. Le 18 août 1804, il passe au 6e régiment, et sert en qualité d’aide de camp du général Foucher.
Gourgaud prend part à la campagne de 1805 et se distingue à Ulm, à la prise de Vienne et à Austerlitz, où il est blessé.

Il assiste aux batailles d’Iéna et de Friedland ; il est décoré après Pultusk.
Nommé capitaine en second le 30 août 1808, il participe au siège de Saragosse, assiste aux journées d’Abensberg, d’Eckmühl, de Ratisbonne et de Wagram.
Employé à la manufacture d’armes de Versailles le 24 février 1810, il aurait, d’après "Victoires et Conquêtes", apporté plusieurs changements utiles aux armes à feu.
Au terme d’une mission à Dantzig, il s’acquitte de sa mission avec « tant de zèle et d’intelligence », qu’il est proposé à la place d’officier d’ordonnance de l’Empereur, et noté de la façon suivante :
« A de l’instruction et des talents, a bien fait la guerre, est en état de bien observer et de bien rendre ce qu’il a vu ; sait bien dessiner ; parle espagnol et allemand. »
Il est nommé en conséquence le 3 juillet 1811, et reçoit le 1er janvier 1812 une dotation de 2.000 francs.
Blessé à Smolensk (16 août 1812), il entre le premier au Kremlin, et découvre une mine qui menaçait de faire sauter l’Empereur et tout son état-major. Il est nommé baron d’Empire pour ce fait d’armes (3 octobre).
Il se distingue encore plusieurs fois pendant la retraite de Russie, notamment à la Bérézina, rivière qu’il traverse deux fois à la nage avant l’établissement des ponts, pour reconnaître la rive opposée.
Le 27 mars 1813, il est nommé chef d’escadron et premier officier d’ordonnance de l’Empereur, place créée spécialement pour lui. Un décret de ce jour porte :
« Il y aura près de nous un premier officier d’ordonnance du grade de chef d’escadrons. Il sera chargé de régler le service de nos officiers d’ordonnance, de signer les instructions à leur donner et de correspondre avec eux pour les missions qu’ils doivent remplir. »

« Napoléon, lit-on dans les Victoires et Conquêtes, appréciait surtout le coup d’œil militaire de cet officier ; aussi fut ce sur son rapport qu’il se détermina à changer le mouvement qu’il voulait faire sur Koenigstein, et à se porter rapidement au secours de Dresde, pour arrêter l’ennemi qui se portait en forces devant cette place ».
Le 29 janvier 1814, à Brienne, il aurait tué d’un coup de pistolet un cosaque qui s’était dangereusement approché de l’Empereur (L'historien Frédéric Masson écrit que ce fait est sujet à discussion).
Le 15 mars, Gourgaud est nommé colonel et reçoit la croix de commandant de la Légion d’honneur.
Le 14 avril, lors de la première abdication, l’Empereur congédie son premier officier d’ordonnance en lui écrivant : « J’ai été très satisfait de votre conduite et de vos services. Vous soutiendrez la bonne opinion que j’ai conçue de vous en servant le nouveau souverain de la France avec la même fidélité et le même dévouement que vous m’avez montrés. »
Le 1er novembre, Gourgaud est nommé chef de l’état-major de la 1re division militaire à Paris, ce qui le place dans une situation délicate lorsque Napoléon quitte l’île d’Elbe et rentre à Paris.
Gourgaud parvient néanmoins à se faire réintégrer dans ses fonctions, et suit à ce titre Napoléon dans la campagne de Belgique.
Revêtu de la confiance de l’Empereur, il sera un témoin capital de ces journées décisives.

Après Waterloo, Gourgaud suit l’Empereur à la Malmaison, puis à Rochefort, et parvient à être compris au nombre de ceux qui peuvent accompagner l’Empereur dans son exil (avec Bertrand, Montholon, et Las Cases). Il le sera avec le grade de général, fraîchement obtenu. D’après Victoires et Conquêtes, il aurait été nommé à ce grade à Fleurus, soit le 16 juin, et Antoine Guillois et le vicomte de Grouchy, dans leur préface du Journal de Gourgaud, indiquent la même date. Frédéric Masson donne une date plus tardive :
« Le 21, par un décret rendu in extremis, expédié seulement le 26 au ministre de la Guerre qui en donna avis à l’intéressé le 29, il fut nommé maréchal de camp. La date n’était point certaine : Bertrand, plus tard, donnait celle du 22, mais le 22, l’Empereur avait abdiqué ; on avait sans doute pris la précaution d’antidater le décret. »
Octave Aubry, cependant, écrit « Il est aide de camp de l’Empereur après la bataille de Fleurus ; sa nomination – la dernière qu’ait signée Napoléon – sera régularisée au retour de Waterloo. »
Gourgaud partagera dès lors la vie des proscrits, avec ses comédies et ses drames. Dès la traversée, il commencera à écrire sous la dictée de Napoléon. Les conversations porteront souvent sur la dernière campagne, et particulièrement sur la journée de Waterloo, que l’Empereur avoue ne pas comprendre.
Mais Gourgaud poursuivra également la rédaction de son journal dans lequel il notait fidèlement les événements petits et grands, et les paroles de son idole, des plus élevées aux plus triviales.
« On y retrouvera l’Empereur tel qu’il s’est montré dans sa correspondance, notent Guillois et Grouchy, avec tout son autoritarisme, sa brusque franchise, son honnêteté profonde qui lui faisait détester les agioteurs et les traîtres, et aussi avec son immense et lumineux génie ».
Les relations entre Gourgaud et les autres compagnons de la captivité seront vite tendues. Gourgaud fera preuve d’une jalousie maladive.
« Il est nerveux, inquiet, impatient, orgueilleux, susceptible, sans équilibre. (...) Il porte à Napoléon un véritable amour, avec les annexes ordinaires : fièvre et jalousie. » écrit Octave Aubry.
Mais il est probable que n’importe quel officier, placé dans les mêmes circonstances, aurait eu des difficultés à supporter les manèges de Las Cases ou des Montholon.

Après plusieurs crises de jalousie et une provocation en duel avec Montholon, Gourgaud décide de quitter Sainte-Hélène et le fait savoir au gouverneur, Hudson Lowe qui s’empresse d’accéder à sa demande. Aigri, Gourgaud raconte que l’Empereur n’est pas malade, qu’il songe à s’évader, et Frédéric Masson accuse Gourgaud d’être à l’origine du resserrement des conditions de captivité de l’Empereur.
Autorisé à débarquer le 8 mai 1818 à Plymouth, Gourgaud était dès le lendemain reçu par le sous-secrétaire d’Etat pour les colonies, et par l’ambassadeur de France et celui de Russie.

Gourgaud, à Londres, écrit des lettres à Marie-Louise et à l’empereur d’Autriche pour attirer leur attention sur la santé de Napoléon. Mais il fait également publier « la Campagne de 1815 », première ébauche de la bataille dictée par Napoléon et sur laquelle il croit avoir des droits.
Le gouvernement anglais le fait expulser, et il se retire à Hambourg. Il ne rentrera en France qu’en mars 1821. Gourgaud se fera encore remarquer en défendant farouchement Napoléon, notamment en publiant une réfutation de l’Histoire de la Grande Armée de Philippe de Ségur.
Après la révolution de 1830, Gourgaud sera fait aide de camp du roi, lieutenant général, et inspecteur général de l’artillerie.
En 1840, il prendra part à l’expédition qui, sur la Belle-Poule, va chercher à Sainte-Hélène les cendres de Napoléon pour les ramener en France.
Après la révolution de 1848, il sera député à l’Assemblée législative, et meurt à Paris le 25 juillet 1852.

 

Voir Journal de Gourgaud.

 

 

 

 

 

 

 

 

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