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Indes orientales :
Les
modernes, moins excusables que les anciens, ont nommé Indes, des pays si différents par leur position et par leur étendue
sur notre globe, que pour ôter une parte de l’équivoque, ils ont divisé les
Indes en orientales et occidentales. Les
Indes orientales comprennent quatre
grandes parties de l’Asie, savoir l’Indoustan, la presqu’île en deçà du
Gange, la presqu’île au-delà du Gange, et les îles de la mer des Indes,
dont les principales sont celles de Ceylan, de Sumatra, de Java, de Bornéo, les
Celebes, les Maldives, les Moluques, auxquelles on joint communément les
Philippines et les îles Mariannes. Lorsqu’il n’est question que de
commerce, on comprend encore sous le nom d’Indes
orientales, le Tonquin, la Chine et le Japon ; mais à parler juste, ces
vastes pays, ni les Philippines moins encore les îles Mariannes, ne doivent
point appartenir aux Indes orientales, puisqu’elles
vont au-delà. Peu
de temps après que les Portugais eurent trouvé la route des Indes par le cap
de Bonne-Espérance, ils découvrirent le Brésil ; et comme on ne connaissait
pas alors distinctement le rapport qu’il y avait avec les Indes, on le baptisa
du même nom ; on employa seulement pour le distinguer le surnom d’occidentales,
parce qu’on prenait la route de l’Orient en allant aux véritables
Indes, et la route d’Occident pour aller au Brésil. De-là vint l’usage
d’appeler Indes orientales, ce qui est à l’orient du cap de Bonne-Espérance,
et Indes occidentales, ce qui est à
l’occident de ce cap. On
a ensuite improprement étendu ce dernier nom à toute l’Amérique ; et par un
nouvel abus, qu’il n’est plus possible de corriger, on se sert dans les
relations du nom d’Indiens, pour
dire les Américains. Le
peuple a fait une division qui n’est
rien moins que géographique ; il appelle grandes
Indes, les Indes orientales, et petites
Indes, les Indes occidentales. (Encyclopédie, tome 8, 1765, p 662.) |