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Dernière modification: 23/11/2002 21e demi-brigade d'infanterie légère Le Moniteur du 19 pluviôse an 10 (7 février 1802) contient le passage suivant, plus que probablement dicté par le premier consul lui-même (voir Bonaparte journaliste) : "Le genre de service auquel est tenue l'infanterie légère, fait que lorsqu'on lui donne des drapeaux en temps de paix, elle doit, en temps de guerre, les laisser au dépôt. C'est pour avoir manqué à cet usage, que ce drapeau a été pris. "
Il est intéressant de constater que c'est le général Bonaparte lui-même, au moment de la préparation de l'expédition d'Egypte, qui a fait donner des ordres pour que la 21e légère reçoive des drapeaux, ainsi que l'a montré O. Hollander : "Les demi-brigades légères qui firent partie de
l'armée d'Orient reçurent, avant leur départ pour l'Égypte, de nouveaux
drapeaux en avril 1798. Nous avons trouvé des documents l'attestant pour les
2le et 22e légères. ... Donnez trois drapeaux à la 22e d'infanterie légère... A la même date, il écrit au général Desaix qui était
à Rome ... Faites donner un drapeau à chaque bataillon de la
21, d'infanterie légère... A la réception de cet ordre, l'adjudant général
Donzelot, chef d'état-major de Desaix, écrivit à Belliard, général de
brigade à Civita Vecchia, la lettre suivante : Rome, le 29 germinal an VI (18 avril
1798). Il semble donc que le général en chef de l'armée d'Egypte avait oublié les usages concernant l'infanterie légère, et que le premier consul avait oublié cet oubli quatre années plus tard... Il est curieux également de constater que Napoléon a dicté, à Sainte-Hélène, la note suivante pour réfuter le général Rogniat qui critiquait le fait que l'instruction et le service de l'infanterie de ligne et de l'infanterie légère ne présentaient plus de différence : "Il n'y a et ne peut y avoir qu'une seule espèce d'infanterie, parce que le fusil est la meilleure machine de guerre qui ait été inventée par les hommes." Contradiction, ou évolution dans les conceptions tactiques de Napoléon ? Dans la seconde hypothèse, ne peut-on pas penser que la blessure d'amour-propre infligée par les journaux anglais au premier consul y soit pour quelque chose ? ___________________________ O. Hollander, dans son ouvrage "les Drapeaux des Demi-brigades d'Infanterie de 1794 à 1804" (1913) a consacré plusieurs pages au drapeau de la 21e légère. C'est sur cet ouvrage qu'est basée la reconstitution du drapeau donnée ici.
O. Hollander : 21e demi-brigade légère Le drapeau du 3e bataillon de la 21e demi-brigade légère
fut perdu à la bataille d'Alexandrie, le 21 mars 1801. Drapeau pris à la bataille d'Alexandrie, en Egypte. Au sujet du drapeau pris aux Invincibles, sir Robert
Wilson, dans son ouvrage sur l'expédition d'Égypte, se livre à ces réflexions
: J'ai examiné, dit le capitaine Ford, dans ses Notes, le drapeau dessiné ci-dessus étant debout sur une échelle, et je n'ai pu découvrir une seule lettre restant des inscriptions ; car il ne subsiste qu'à peine un peu plus du quart du drapeau après la hampe; toutefois, c'est bien le drapeau représenté dans tous les imprimés du temps. Ces notes de l'officier anglais sont quelque peu confuses,
mais il s'en dégage assez nettement que le drapeau du 3e bataillon de la 21e légère
devait porter au centre et d'un côté, entre deux branches de chêne un
faisceau de licteur surmonté d'un bonnet rouge (3), de l'autre côté, entouré
d'une couronne de lauriers, un cornet, signe distinctif de l'infanterie légère.
Ce dernier côté, d'après le certificat de Lutz, aurait eu entre autres
inscriptions: Passage de la Piava et du Tagliamento, actions auxquelles, en
effet assista bien la 21e légère. Le Journal historique des opérations de la 21e légère,
cite la plupart de ces faits à l'actif du corps; toutefois on n'y trouve ni le Passage
de la Scrivia, ni le Pont de Lodi, et quant à la Prise de Gratz,
elle doit vraisemblablement être celle de Gradisca. En 1894 à notre tour, nous avons examiné les restes de ce
drapeau conservés au Royal Hospital Chelsea à Londres. Il ne restait
plus qu'une faible partie de l'étoffe dont les parcelles avaient été rassemblées
et collées sur de la gaze. D'après le livre : L'Egypte après la bataille d'Héliopolis,
publié en l'an X par le général de division Reynier, le drapeau du 3e
bataillon de la 21e demi-brigade légère fut perdu dans les circonstances
suivantes : Après la campagne d'Égypte, les demi-brigades légères cessèrent d'emporter leurs drapeaux en campagne. Une note officieuse, insérée dans le Moniteur universel du 19 pluviôse an X (8 février 1802) donne, relativement à cette mesure, les détails généralement ignorés que voici : (voir le texte du Moniteur en haut de l'article.)Notes (1) La charge des 3e et 14e dragons français fut conduite par le général Boussart sur le 42e régiment anglais. Ce régiment est percé. Dans cette situation, le régiment de Minorque, accouru pour soutenir le 42e, se met en bataille dans l'intervalle entre la redoute et les Gardes. Nouvelle charge des 15e, 18e et 20e dragons. Charge désespérée sur nos deux régiments (42e anglais et Minorque) ... Un drapeau couvert d'emblèmes rappelant les exploits militaires du corps auquel il appartenait, et qui, d'après le rapport du général Reynier, était celui d'un bataillon de la 21e demi-brigade, tomba au pouvoir du régiment de Minorque ou régiment allemand de la Reine. Il fut pris par un soldat nommé Anthony Lutz qui reçut de l'adjudant général un certificat de cette action d'éclat et une somme de vingt dollars. Cet homme, ne sachant ni lire ni écrire, ne put être nommé sergent, grade qu'il eût obtenu sans cela. Dès le commencement de l'affaire, le 42e avait aussi enlevé un drapeau aux Français ; mais, malheureusement, il fut repris dans la charge impétueuse des dragons, qu'il essuya quelque temps après. (Journal de l'expédition anglaise en Égypte..., du capitaine Th. Watts, traduit de l'anglais par M. A. T.. 2e édition, in-8. Paris, 1829 Levavasseur). (2) Reynier ne dit pas principalement, mais en partie de Cophtes. Le général Kléber avait complété l'effectif de la 21e légère par l'incorporation d'environ 300 Cophtes. (3) Rappelons que c'est sur cette face que figuraient les
inscriptions réglementaires : République Française - Discipline et
Soumission aux Loix militaires. (4) Les documents anglais ne mentionnent pas les inscriptions de batailles que le drapeau de la 21e légère dut recevoir en Egypte; mais dans les instructions que donne Bonaparte à Berthier, le 2o septembre 1798, pour la fête du Ier vendémiaire il dit: ... on leur attachera avec une épingle un écriteau en lettres d'or où sera écrit: prise d'Alexandrie, BATAILLE DE CHEBRERISSE, BATAILLLE DES PYRAMIDES. Cet « écriteau», faiblement attaché, a pu facilement disparaître, soit au cours de la bataille d'Alexandrie, soit même auparavant. (5) Nous avons trouvé dans une édition française de
l'ouvrage de Wilson, publiée à Londres en 1803 de nouveaux renseignements
relatifs à la prise par le soldat Lutz de ce drapeau de la 21e légère, qui
complètent, sans les modifier sensiblement, ceux que nous avons déjà
reproduits.
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