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Dernière modification: 13/01/2003 Marine
Etat de la marine au mois de janvier 1791. La marine militaire est composée de 74
vaisseaux de ligne, non compris dix qui
sont en construction. Sur ces 74 vaisseaux, 21 sont armés, c'est-à-dire fournis
des équipages et des canons nécessaires à leur service.
L'escadre de Brest en 1794 (Brest 1794.) Que pouvait opposer la France à la flotte formidable de l'ennemi ? L' escadre de Brest était son seul espoir, et Dieu sait ce qu on pouvait en attendre. Elle était plus faible de moitié, désarmée en partie, et composée de vaisseaux qui, ayant fait la plupart des campagnes d'Amérique ou de l'Inde, étaient vieux de quinze à vingt ans. Parmi ces vaisseaux, il y en avait dans le fond du port, à une lieue de la ville, qui y pourrissaient depuis la paix de 1783, et dont la carène, percée par les vers, était recouverte d'une couche de coquillages. Ils ne se soutenaient sur l'eau qu'au moyen de pompes d'épuisement, manœuvrées par les galériens. Tous ces bâtiments furent réparés tant bien que mal, grattés, nettoyés et peints des plus vives couleurs. On mit à leur bord des canons de fonte rongés par la rouille, et contemporains de Duquesne et de Tourville ; puis on les envoya en rade grossir nos forces navales. Les anciens marins les appelaient des noie-monde. Ce n'est pas à dire qu'il n'y eût pas dans notre escadre de superbes vaisseaux, comme le Tigre, le Sans-Pareil, oeuvres magnifiques de mon vieil ami Sané, qui surpassa tout ce que firent jamais les constructeurs de l'Angleterre. Mais il suffit d'un mauvais bâtiment qui manœuvre mal pour laisser couper la ligne, et mettre à la merci de l'ennemi les plus beaux et les meilleurs vaisseaux du monde. Le personnel correspondait à l'état infime de notre
marine. Les équipages étaient formés de jeunes réquisitionnaires, entièrement
étrangers au rude métier de matelot, ou bien de pêcheurs et de mariniers de
nos côtes, qui n'étaient jamais montés à bord d'un bâtiment de guerre. Les
garnisons appartenaient à l'armée de terre, et les demi-brigades d'artillerie
de marine s'étaient épuisées à fournir des canonniers. Quant aux officiers,
excepté quelques anciens capitaines de la Compagnie des Indes qui avaient servi
autrefois comme auxiliaires, il y en avait bien peu dont l'expérience remontât
au delà de deux ans, et dont les grades ne fussent dus à la nécessité de
remplacer les officiers du corps royal, passés en masse en Angleterre lors de
l'émigration. Les meilleurs capitaines de nos vaisseaux étaient, disait-on,
les anciens timoniers. On imagine aisément que c'étaient des chefs de manières fort rudes et
d'un esprit très inculte; mais ils étaient extrêmement braves ; ils
conduisaient bien leurs bâtiments, et ils haïssaient cordialement les Anglais,
qu'ils connaissaient depuis longtemps.
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