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Dernière modification: 24/11/2002 Nourrices M.
de Royer a publié, en 1778, un mémoire dans lequel il avançait que sur six
mille enfants nés à Lyon, et confiés à des nourrices de campagne, il n’en
revenait pas le tiers à la ville. M. de Parcieux, dans son ouvrage intitulé Essai
sur la probabilité de la vie humaine, assure qu’un peu plus de la moitié des enfants du peuple de
Paris périssent chez les nourrices dans des campagnes éloignées. M. de
Buffon, dans son histoire naturelle, vient à l’appui de cette assertion. (Le
Moniteur, 1 mai 1790.) ____________________________ “Une
bonne nourrice doit être intelligente, vertueuse, enjouée, compatissante, ni
lente, ni trop vive, robuste, adroite, patiente, d’une grande propreté,
d’un caractère doux, âgée de 20 à 30 ans, aisée, d’une bonne santé,
bien faite, brune, ni trop grasse, ni trop maigre, ayant les dents blanches, les
gencives solides, la poitrine grande et relevée, les mamelles bien placées,
l’haleine douce, les chairs fermes, la carnation belle, la vue et l’ouïe
bonnes, la bouche fraîche et vermeille, d’une excellente constitution et
pourvue de bon lait. L’inspection
du bras indique si une nourrice a été saignée fréquemment, ce qui
annoncerait une santé délicate. On
doit surtout observer, dans une nourrice, si elle n’a aucune cicatrice, aucune
tumeur scrophuleuse, aucun caractère qui annonce un vice dans le sang. Que
le lait d’une nourrice soit récent, d’une grande blancheur, inodore, de
saveur douce légèrement sucrée, sans avoir rien de sale ni d’amer, d’une
consistance à tomber facilement de dessus l’ongle à la moindre inclinaison
qu’on donne au doigt, peu abondant en fromage et en crème, incapable
d’irriter le blanc de l’œil. Que
les mamelles contiennent une grande quantité de bon lait ; qu’elles soient
pleines, médiocrement grosses, fermes et sensibles, un peu pendantes, parsemées
de plusieurs veines bleuâtres, sans dureté, ni excoriation, ni dartre, ni
bouton ; que l’aréole soit brune, et que les mamelons soient développés et
de nature à favoriser la succion par leur rondeur, leur sensibilité et leur
disposition à se gonfler. Il
ne faut pas s’attendre à trouver réunies toutes ces qualités dans une même
femme ; il faut choisir celle qui en a le plus, avec le moins de défauts.” (...) Les
mères seront toujours obligées d’allaiter, si elles veulent avoir des
enfants sains et vigoureux, se garantir des dangers de la fièvre de lait, des
fièvres avec éruption, des dépôts de lait à la tête, à la poitrine, au
ventre et sur les extrémités supérieures et inférieures. (...) Les
nourrices qui habitent les grandes villes donnent un lait moins salubre que
celles qui demeurent dans les campagnes dont l’air est pur. La
plupart des des grandes villes, malgré l’assertion de quelques
philosophes modernes, sont souvent incapables de nourrir, par rapport à la délicatesse
de leur tempérament, au genre d’exercice, à la qualité et à la quantité
d’aliments, aux mauvaises qualités de l’air, aux passions, et pour
l’ordinaire à la petite quantité de lait dont elles sont pourvues. Les
de la ville, lorsqu’elles sont décidées à allaiter, doivent nourrir
dans une campagne où l’air sera pur, et y laisser les enfants pendant un ou
deux ans après qu’ils auront été sevrés. Le
lait maternel ou d’une nourrice étrangère qui paraît le plus pur,
quelquefois ne convient pas à l’enfant le mieux constitué. Alors il faut
chercher une nourrice dont le lait soit analogue au tempérament, à la
constitution et à l’âge de l’enfant. Le
lait des nourrices rousses ou très noires, avec peau blanche et molle, est
d’une saveur moins douce que celui des brunes avec chair ferme, peau douce et
belle carnation. Les premières nuisent encore aux enfants par leur haleine, et
souvent par l’odeur des aisselles. (...) Que
les paysannes nourrices se gardent bien de venir habiter les grandes villes, ou
de vivre à la manière des dames. La
nourrice tiendra son enfant à la chambre le moins qu’il lui sera possible.
L’air libre qu’ils respireront au milieu de la campagne produira des effets
aussi salutaires à l’un qu’à l’autre. La
chambre où logent la nourrice et l’enfant doit être spacieuse, propre, fréquemment
aérée, pourvue d’une cheminée, à l’abri de l’humidité, des grandes
chaleurs et des froids excessifs, et contenir peu de personnes. L’air se
renouvellera plus facilement, la respiration sera plus libre et le sommeil plus
tranquille. Si
l’on est réduit à la triste nécessité de prendre une nourrice étrangère,
il faut préférer celle qui habite la montagne. L’air en est plus pur, la
santé de la nourrice plus parfaite, et l’enfant en acquerra plus de vigueur.
(...) (Dictionnaire
de l’Industrie, Paris, an IX. ) |
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