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Dernière
modification le 16 février 2006.
Bernadotte
Bernadotte
(Jean-Baptiste) 1763-1844. Né à Pau, il s’engage comme soldat
en 1780, et est sous-officier au moment
de la révolution. Il est nommé général de
brigade par Kléber en 1794. En 1798, il épouse Désirée
Clary, belle-sœur de Joseph Bonaparte et
ancienne maîtresse du général Bonaparte. Ministre
de la guerre en 1799, il est remplacé peu avant le coup d’Etat
de brumaire, auquel il refuse de s’associer. Maréchal de France
en 1804, il est nommé gouverneur
du Hanovre la même année.
Napoléon écrivait le 5 juin 1805 à son frère
Joseph : "Vous sentez que, lorsque j’ai donné le titre
de duc et de prince à Bernadotte, c’est en considération
de votre femme ; car j’ai dans mon armée des généraux
qui m’ont mieux servi et sur l’attachement desquels je puis plus compter.
Mais j’ai pensé qu’il convenait que le beau-frère de la
reine de Naples eût un rang distingué chez vous."
Bernadotte participe aux campagnes de 1805, 1806 et de 1807, et est nommé
gouverneur des villes hanséatiques.
Ayant donné du mécontentement à l’Empereur lors de
la bataille de Wagram, il rentre à Paris puis se rend à
Anvers où il prend le commandement des troupes rassemblées
pour s’opposer au débarquement
des Anglais dans l’île de Walcheren.
Elu prince héréditaire de Suède par les Etats de
Suède, il se tourne contre Napoléon en 1813 et prend part
au côté des Alliés aux campagnes de 1813 en Allemagne.
En 1818 il succède à Charles XIII et monte sur le trône
sous le nom de Charles XIV.
Notice
biographique de Bernadotte dans la Biographie
moderne 1815.
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Bernadotte
(Charles-Jean), prince royal de Suède, etc. etc. Né
à Pau en Béarn, le 27 janvier 1764, il entra au service
comme soldat, en 1780, et se trouvait, à l’époque de
la révolution, sergent dans le régiment de royal-marine,
dont M. Merle-d’Ambert était colonel. Son activité,
ses talents et sa bravoure lui valurent un avancement rapide, et il
commandait déjà une demi-brigade, lorsque Kléber,
l’ayant distingué, l’employa avec succès dans diverses
expéditions, et le fit nommer général. Il obtint
bientôt après, le commandement d’une division de l’armée
de Sambre-et-Meuse, à la tête de laquelle il se trouva
à la bataille de Fleurus en 1794 ; contribua au passage du
Rhin, près de Neuwied, en 1795, et s’empara ensuite de la ville
d’Altorf. En 1796, il passa à l’armée d’Italie, partagea
la gloire de l’expédition du Tagliamento, et prit Palma-Nova,
Lamina, Caporetto, etc. etc. A l’époque qui précéda
le 18 fructidor, il signa une adresse, au nom de sa division, contre
le parti qui succomba à cette époque, et fut envoyé
à Paris par Bonaparte pour présenter au directoire les
drapeaux pris à Peschiera, après la bataille de Rivoli.
Nommé au commandement de Marseille, vers la fin de septembre
1797, il préféra retourner à la tête de
sa division, et fut nommé ambassadeur à la cour de Vienne,
en janvier 1798. Une espèce d’insulte qu’il y reçut
de la part des habitants, dans une fête, à la suite de
laquelle le palais fut forcé, et quelques coups de fusils tirés,
le déterminèrent à quitter aussitôt la
capitale de l’Autriche. Arrivé à Paris, il refusa le
commandement de la 5e division militaire, et donna également
sa démission de l’ambassade de La Haye, qui lui avait été
conférée. Il obtint, en 1799, le commandement en chef
d’une armée d’observation, fit bombarder Philipsbourg, et chasser
de Francfort les agents de l’Autriche et les émigrés.
Après l’espèce de révolution du 30 prairial an
7, qui expulsa Merlin, Treilhard et Lareveillère, du directoire,
Bernadotte, fut nommé ministre de la guerre, et donna à
ce département une grande impulsion. Ses liaisons avec quelques
démocrates ayant alarmé le directoire, il fut bientôt
remplacé par Millet-Mureau. Le 18 brumaire, auquel il s’était
opposé, avec peu de vigueur, il est vrai, lui valut la place
de conseiller d’Etat, puis celle de général en chef
de l’armée de l’Ouest, dont il remit, l’année suivante,
le commandement au général Laborde, à cause de
sa santé qui s’affaiblit tout à coup d’une manière
alarmante : on ajoutait même que des motifs de jalousie et des
craintes politiques étaient la cause du marasme qui paraissait
le consumer. Il échappa néanmoins aux dangers de cette
maladie, et devint maréchal d’empire lorsque Bonaparte fut
proclamé empereur. En juin 1804, il obtint le commandement
de l’armée d’Hanovre, et quelques mois après fut nommé
chef de la 8e cohorte de le légion d'honneur, puis décoré
d’une foule d’ordres étrangers. Vers la fin de septembre 1805,
il se réunit aux Bavarois, nouveaux alliés de la France,
et les reconduisit dans leur capitale, après la victoire importante
remportée à Ulm. C’est au mois de juin 1806 qu’il fut
créé prince de Ponte-Corvo. Employé de nouveau
dans la guerre contre la Prusse, il en attaqua la réserve à
Halle, la mit en déroute, et s’empara ensuite de la ville.
Il continua de se distinguer dans cette campagne et la suivante ;
fut chargé, en 1809, du commandement du 9e corps de la grande
armée, composée en partie de Saxons, et remporta un
grand avantage sur les Autrichiens en avant de la tête du pont
de Lintz. A la nouvelle du débarquement des Anglais dans l’île
de Walcheren, il quitta précipitamment l’armée, et prit
la direction des forces destinées à les repousser. Après
leur départ, il revint à Paris, fut proclamé
prince de Suède par les états du royaume, et fit son
entrée à Stockholm le 1er novembre suivant. Depuis lors,
il parut moins circonspect dans sa haine contre Bonaparte, et après
les désastres de celui-ci à Moscou, il entra ouvertement
dans la coalition, se mit à la tête d’un corps suédois,
se joignit aux Anglais et aux Prussiens, attaqua les Français
sur divers points, et se rendit ensuite à Berlin, où
il fut reçu comme libérateur de l’Allemagne. Nommé
presqu’aussitôt généralissime des forces de la
coalition, il battit successivement les maréchaux Oudinot et
Ney, et ne cessa de poursuivre l’armée française que
quand elle eût repassé le Rhin. Là parut se borner
la part qu’il voulait prendre à la défaite de ses compatriotes
et à la ruine de sa patrie ; il resta en effet dans le Brabant
hollandais pendant que les Alliés marchaient sur Paris, et
ne parut dans cette capitale qu’après la chute de Napoléon
et la restauration de la maison de Bourbon. Des motifs politiques
lui firent même abréger son séjour en France.
Il vit le roi en passant à Compiègne, rejoignit son
armée à Lubeck, en mai 1814, se prépara à
marcher en Norwège, et publia un ordre du jour dans lequel
on lisait : « A l’époque où le Danemarck fournissait
à la France des marins pour ses flottes, la Suède refusa
de s’incliner devant l’idole du jour, et se confiant en sous propres
forces, refusa de fournir ceux qu’on lui demandait ; elle a fait plus,
elle s’est unie, à cette époque, la plus critique dont
puissent faire mention nos annales, au monarque dont Napoléon
avait juré la perte : elle est fière d’avoir devancé,
dans cette résolution, toutes les autres nations. » Enfin,
heureux jusqu’au bout, il prit possession de la Norwège au
mois de novembre 1814, et se fit chérir de ses nouveaux sujets.
C’est en vain que des événements inattendus sont venus
encore une fois changer la face du monde politique en 1815, et faire
disparaître d’un trône usurpé, l’un des plus anciens
camarades de Bernadotte, la fortune de celui-ci n’en a point été
ébranlée, et tout porte à croire que, plus sage
ou plus adroit, il achèvera sa carrière avec autant
de gloire et plus d’honneurs qu’il ne l’a commencée.
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