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Brézé

     
 

     
 

Le marquis de Brézé, grand-maître des cérémonies en 1789, est connu dans l'histoire par le rôle qu'il a joué face à Mirabeau au cours de la séance royale. Bien qu'il fût marquis de Dreux et de Brézé, et que sa famille est souvent désignée sous l'appellation de Dreux-Brézé, le maître des cérémonies n'est jamais désigné en 1789 que sous le nom de marquis de Brézé.

 
   

  Dictionnaire de la Conversation et de la lecture, tome 3, 1856, page 701 :    
 

Brézé (Henri-Evrard, baron de Berrye, marquis de Dreux et de), grand maître des cérémonies, pair de France, chevalier des ordres du roi, maréchal de camp, etc., avait épousé une fille du général de Custine. Né en 1762, il succéda, à l’âge de dix-neuf ans, à son père dans la charge de grand maître des cérémonies. Il dut, peu d’années après son entrée en fonctions, pourvoir aux préparatifs des états généraux : la tâche était difficile. Il débuta dans ce rôle délicat le 20 juin 1789, jour choisi par la majorité des membres du clergé pour se réunir aux députés du Tiers-Etat. Afin de prévenir cette fusion, la cour avait ordonné la fermeture des salles, sous prétexte de travaux pour une séance royale, et le marquis dut notifier l’arrêté du roi au président Bailly. C’est cet incident qui décida la séance du jeu de paume. Les dernières paroles du roi avaient été une injonction formelle de se retirer ; toute la noblesse et une partie du clergé avaient obéi ; mais les députés des communes et l’autre partie du clergé étaient restés immobiles à leur place. Tout à coup Mirabeau se lève et, dans une improvisation entraînante, propose de ne se séparer qu’après avoir donné une constitution à la France. En ce moment le grand maître paraît et, s’adressant au président : « Monsieur, lui dit-il, vous avez entendu les ordres du roi ? – Je vais prendre ceux de l’Assemblée, répond Bailly ; elle est ajournée après la séance royale, et je ne puis la séparer sans qu’elle en ait délibéré. – Est-ce là votre réponse, et puis-je en faire part au roi ? – Oui, Monsieur. » Puis, se tournant vers les députés qui l’entouraient : « Je crois, ajouta-t-il, que la nation assemblée ne peut recevoir d’ordre. » Ce fut alors que Mirabeau, s’élançant vers le marquis, lui adressa la fameuse apostrophe, sur laquelle on a fait bien des variantes. A l’occasion d’un incident qui s’éleva, le 15 mars 1833 à la chambre des pairs entre le fils du maître des cérémonies et M. Villemain, voici comment le premier a prétendu rétablir le texte des paroles de Mirabeau.
« Je remercie l’orateur d’avoir rappelé un souvenir historique qui se rattache à la mémoire de mon père ; les historiens du temps ont tous rapporté ce fait d’une manière inexacte. Mon père voulut, au retour du roi Louis XVIII, rétablir la vérité ; mais ce prince lui demanda de n’en rien faire, et il se soumit à sa volonté… Je puis dire aujourd'hui comment les choses se passèrent : Mon père fut envoyé par Louis XVI pour ordonner à l’Assemblée nationale de se séparer ; il entra couvert : tel était son devoir, puisqu’il parlait au nom du roi. De grandes clameurs se firent entendre à sa vue ; on lui cria de se découvrir ; mon père s’y refusa énergiquement. Alors Mirabeau se leva, et ne lui dit point : « Allez dire à votre maître, etc…, mais Nous sommes ici par le vœu de la nation ; la force matérielle seule pourrait nous faire désemparer. » Mon père prit aussitôt la parole et, s’adressant à Bailly : « Je ne puis reconnaître, dit-il, en M. de Mirabeau que le député du bailliage d’Aix, et non l’organe de l’assemblée. » Puis il se retira quelques minutes après, et alla rendre compte au roi de cet incident. Voilà exactement, Messieurs, comment les choses se passèrent ; j’en appelle aux souvenirs des membres de cette chambre qui siégeaient à l’Assemblée nationale. »
Le marquis de Brézé n’abandonna pas dans le malheur le prince dont il avait partagé la fortune : jusqu’à la journée du 10 août, il resta constamment près de sa personne, et ce ne fut que du moment où il désespéra de le servir en France, qu’il suivit le cours de l’émigration. Plus tard, par déférence pour les ordres de Louis XVIII, qu’il était allé rejoindre à Vérone, il rentra dans sa patrie. A la Restauration, il courut à Calais recevoir le chef des Bourbons, reprit ses fonctions de grand maître des cérémonies, et en cette qualité pourvut avant tout à la sépulture des cendres des rois de France. Il présida plus tard aux cérémonies du sacre de Charles X. A la chambre des pairs, il suivit la ligne qu’il crut lui être tracée par son éducation, sa position sociale et les liens qui l’attachaient à la famille royale. Il mourut avant sa chute, en 1829, laissant plusieurs enfants.

     

 

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