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Dernière
modification le 2 octobre 2006.
Fouché
Fouché,
Joseph (1759-1820).
Né à la Martinière près de Paimbœuf, le
29 mai 1759, mort à Trieste le 26 décembre 1820.
Fils d’un capitaine de navire marchand, sa santé délicate
l’oblige à renoncer à la carrière de son père,
et il se voue à l’enseignement dans l’ordre des Oratoriens.
En 1789, il quitte l’état ecclésiastique, se fait avocat,
et fonde la société patriotique de Nantes.
Elu en 1792 par le département
de la Loire Inférieure pour siéger à la Convention,
il vote la mort du roi. Envoyé en mission à Lyon, il
se livre à une sanglante répression. Il joue un rôle
déterminant dans la chute de Robespierre (9 thermidor). Le
20 juillet 1799, il est nommé ministre de la police. Il apporte
son appui au coup d’Etat du 18 brumaire, et il est maintenu dans ses
fonctions de ministre de la police. Suite à sa rivalité
avec Lucien Bonaparte, ministre de l'intérieur, le ministère
est supprimé le 15 septembre 1802,
et Fouché est nommé sénateur. |
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Le
ministère est rétabli le 9 juillet
1804 ; Fouché en fait un instrument efficace du pouvoir impérial.
Mais les initiatives que prend le ministre déplaisent à
l’Empereur, et Fouché, qui est nommé gouverneur des provinces
illyriennes, doit céder sa place à Savary le 3 juin 1810.
Rappelé par Napoléon durant les Cent Jours, Fouché
reçoit à nouveau le portefeuille de la police. Nommé
président de la commission de gouvernement après la seconde
abdication, il favorise le retour du Roi Louis XVIII, et dirige le premier
ministère de la seconde Restauration. Mais il doit se retirer le
19 septembre 1815, et est exilé comme régicide en 1816.
Il meurt à Trieste en 1820.
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Biographie
Moderne, Paris 1815 : |
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Fouché
(de Nantes), duc d’Otrante, député à la Convention
nationale, ministre de la police générale, sénateur,
pair, etc.
Membre distingué de la congrégation de l’Oratoire,
à l’époque de la révolution, il en embrassa
la cause avec chaleur ; fut élu député de
la Loire-Inférieure à la convention nationale, et
y vota la mort de Louis XVI. Il se fit peu remarquer à
la tribune avant le 9 thermidor ; fut presque toujours en mission
à Nantes, à Nevers, à Moulins et à
Lyon, où il fit couler le sang, avec une fureur que peu
de proconsuls ont surpassée ; se brouilla avec Robespierre
peu de temps avant sa chute, et se ménagea pourtant des
liaisons intimes dans la propre maison de Maximilien, qui lui
servirent ensuite pour connaître ses desseins, et les faire
avorter : il eut le talent de désunir les frères
et la sœur, avec laquelle il vivait depuis longtemps, et fonda
leur ruine réciproque sur les dissensions qu’il avait fomentées.
Depuis lors il intrigua plus que jamais auprès des thermidoriens
et des montagnards ; s’attache successivement à l’un et
à l’autre parti, ou plutôt les fit servir tous les
deux à garantir sa personne de la juste vengeance des Lyonnais
; échappa ainsi aux nombreuses dénonciations dirigées
contre lui ; fut menacé plusieurs fois d’arrestation, et
enfin compris au nombre des députés proscrits après
l’insurrection jacobine du 1er prairial an 3, à laquelle
il avait puissamment contribué. Amnistié par la
loi du 4 brumaire, il vécut dans la retraite jusqu’en 1799,
et à cette époque remplaça Trouvé,
ministre du Directoire à Milan. Destiné ensuite
à la place d’envoyé près la république
batave, il ne fit que paraître à La Haye, et fut
appelé au ministère de la police, où il ne
tarda pas à se montrer l’ennemi de ces mêmes jacobins
qu’il avait défendus si longtemps. Toujours infatigable
dans les intrigues politiques, il ne tarda pas à se servir
de l’autorité que venait de lui confier le directoire pour
accélérer sa chute, et contribua, s’il ne la provoqua
pas même, à la révolution du 18 brumaire.
Resté ministre de la police sous Bonaparte, qu’il venait
de donner pour maître à la France, il déploya
de grands talents dans cette administration, et s’y conduisit
plutôt en homme d’Etat qu’en inquisiteur politique. Froid
sans passions ; observateur fin et rusé ; profondément
versé dans l’histoire secrète des hommes et des
choses, il possédait les qualités propres à
remplir dignement ses importantes fonctions, et si elles n’eurent
pour résultat qu’une effroyable tyrannie, et un despotisme
intolérable pour des Français, on doit dire au moins
que Fouché fit toujours ce qui dépendit de lui pour
en adoucir les rigueurs. C’est cependant, et on ne peut le dissimuler,
sous son ministère que furent frappés de mort, ou
de déportation, cette foule de malheureux jacobins et royalistes,
pour des conspirations, souvent inventées, et presque toujours
dirigées par la police elle-même ; c’est sous son
ministère que malgré le droit des gens et celui
de l’humanité, on tortura, dit-on, des infortunés
étrangers, et des régnicoles, parmi lesquels on
citait le capitaine anglais Whright, le général
Pichegru et le saxon Sahla, pour leur faire avouer des choses
qu’ils ignoraient, ou qu’il n’était pas de leur honneur
de dévoiler ; c’est enfin sous son ministère que
renaquirent ces infâmes prisons d’Etat, toujours remplies
de victimes, qui ne durent la cessation de leurs maux qu’à
la chute du tyran. Devenu sénateur, à la fin de
1802, il reprit les rênes de la police en 1804 ; fut disgracié,
et remplacé par Savary en 1810 pour avoir, assure-t-on,
fait prévenir Lucien que son frère voulait le mettre
en arrestation ; puis envoyé successivement à Rome,
où il ne se rendit pas, et dans sa sénatorerie d’Aix,
où il resta jusqu’en 1813, que son successeur à
la police ayant voulu s’emparer de sa personne, l’obligea à
se sauver à Dresde, auprès de Napoléon. Il
alla de là remplacer Junot, dans le gouvernement général
des province Illyriennes, et se sauva à Naples aussitôt
que les Autrichiens eurent pris possession de Laybach. Convaincu
dès lors que la cause de Bonaparte était perdue,
il insinua, à ce qu’on prétend, dans l’esprit de
Murat, l’idée de traiter avec les Anglais, et c’est à
lui qu’on doit la rédaction du traité qui lia ce
transfuge à une coalition qui devait amener sa perte. Peu
content de ce succès, qui n’était que le prélude
de plus grands desseins, il se rendit à Lyon auprès
du maréchal Augereau, qu’il tâcha de convaincre de
l’inutilité de sa défense, et qu’il voulait, dit-on,
faire déclarer dès lors pour un prince de la maison
de Bourbon. Repoussé par ce vieux républicain, qu’il
ne put séduire, mais qu’il ébranla pourtant, il
se rendit à Toulouse, auprès du maréchal
Soult, dans les mêmes vues, et ne cessa ses instances à
cet égard que quand il fut convaincu, par une dépêche
de lord Wellington, qui avait été consulté
à ce sujet, que les alliés traitaient franchement
avec Napoléon au congrès de Châtillon. Demeuré
sans emploi pendant la Restauration, il devint l’objet des inquiétudes
des uns, et des espérances des autres, et vit secrètement
les coryphées de chacun des partis déçus
dans leurs espérances. Echappé à l’arrestation
dont il avait été menacé depuis le débarquement
de Bonaparte, il redevint son ministre le 20 mars 1815 ; fut élu
ensuite à la chambre des représentants par plusieurs
départements, puis créé pair le 2 juin. Il
montra beaucoup de modération pendant la courte durée
du second règne de Napoléon ; laissa agir et parler
librement contre lui, et ménagea tellement les choses,
qu’il était tout à la fois l’espoir des royalistes,
le régulateur des républicains, et l’homme de confiance
des Bonapartistes, qui voulaient une régence et Napoléon
II. On sait trop comment il se conduisit dans le gouvernement
provisoire qu’il présidait, et avec quelle adresse il amena
les partis à la nécessité de s’entendre et
de capituler sans effusion de sang. Après le retour du
roi, il fut conservé au ministère, à la grande
surprise des uns, et à la satisfaction des autres ; mais
il était impossible qu’un tel homme pût conserver
longtemps la confiance publique dans des circonstances aussi difficiles
; aussi fut-il remplacé deux mois après, et envoyé
à Dresde en qualité d’ambassadeur. Le temps nous
apprendra si ce caméléon politique en est enfin
venu à sa dernière couleur, et s’il n’aura pas encore
le talent de tromper la bonne foi de quelque gouvernement.
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