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Mohammed
(Aga), khan, issu de l’une des premières familles du Khoracan
en Perse, était au berceau lorsque Thamas-Kooli-Kan fit égorger,
en 1758, son père et ses frères. Ce vainqueur barbare
se contenta de prendre contre Mohammed une précaution qui empêcha
celui-ci de perpétuer sa race. Il n’en devint pas moins, comme
l’eunuque Narsès, un homme d’état et un grand guerrier.
Après la mort de Thamas, la mère de Mohammed se remaria,
et eut plusieurs autres enfants, qui furent les plus grands ennemis
de leur frère. Mourtouza, l’un d’eux, implora le secours de
la Russie ; mais Aga-Mohammed ne se rendit pas moins le maître
du Guilan, du Mazanderan, du Schirvan, et de plusieurs autres provinces.
L’amiral Woïnowitsch ayant établi un comptoir sur la côte
d’Asrerabath, avec le commencement d’une forteresse, où il
plaça dix-huit canons, Mohammed vint la voir, feignit d’en
admirer la construction, et engagea l’amiral à venir lui rendre
visite avec ses principaux officiers, à une maison de plaisance
qu’il avait dans les montagnes ; ils s’y rendirent le lendemain ;
mais ils ne furent pas plus tôt arrivés, qu’on les chargea
de fers, en les menaçant de leur trancher la tête si
la forteresse n’était sur-le-champ démolie. Il fallut
obéir : les murs furent rasés, les canons embarqués,
et les officiers russes chassés de la côte. Ghedahed,
l’un des rivaux de Mohammed, avait fait sur lui quelques conquêtes
; mais ce dernier ayant gagné ses principaux agents, Ghedahed
fut livré par eux à son ennemi, qui lui fit trancher
la tête à la fin de 1786. Rien n’arrêta plus les
conquêtes de Mohammed, qui subjugua la Perse entière.
Héritier des desseins de Schah-Nadir, il voulait s’emparer
d’Astrakan, et fermer la mer Caspienne aux Russes, lorsque la mort
vint mettre fin à tous ses projets. Il fut assassiné
dans sa tente par un officier de sa maison, gagné par Sadek
Khan-Chakaki, le 14 mai 1794. C’était un prince dur, avare,
perfide et cruel. Il fut le tyran de sa propre famille. Il voua à
la mort ou fit aveugler tous ses frères, et fit eunuquer leurs
enfants, disant avec une ironie féroce : qu’il se voyait ainsi
revivre dans ses enfants. Baba-Khan, son neveu qui lui succéda,
règne aujourd'hui en Perse sous le nom de Feth-Ali-Chah.
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