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Dernière modification: 25/11/2002 Pontornini (suite)
Ce qui
est curieux, c'est que Chuquet qualifie le Pontornini de "premier portrait
de Bonaparte", alors qu'il a publié lui-même, dans le même ouvrage, ce
qui semblerait bien être le premier authentique portrait du futur empereur (avec toutes les réserves qui s'imposent,
car le Pontornini doit engager à rester très prudent sur en la matière), réalisé
à l'école militaire de Paris, donc avant le séjour de Bonaparte à Valence. Il
s'agit d'une caricature qui aurait été dessinée sur les pages d'un atlas par
un condisciple de l'école militaire. "Un
cadet qui couvrait de caricatures les pages blanches de son atlas fit alors une
charge amusante de Bonaparte. Il le représenta marchant au secours de Paoli. Un
vieux professeur essaie de retenir Napoléon par la perruque. Mais le jeune
homme, le regard torve, l'air déterminé, s'éloigne d'un pas ferme, les deux
mains appuyées sur un bâton. Au-dessous de cette pochade, le dessinateur
anonyme a écrit les mots : "Bonaparte, cours, vole au secours de Paoli
pour le tirer des mains de ses ennemis". Si
l'authenticité de ce dessin n'est pas "indiscutable" (discutons
toujours), il faut quand même lui accorder qu'il représente Bonaparte tel
qu'il devait être en 1785, coiffé à l'ordonnance, les cheveux liés en queue,
avec une boucle sur le côté. La crédibilité
de ce portrait, en tout cas, est plus grande que celle du Pontornini. Dans sa
préface, Chuquet remercie le prince de Beauffremont, duc d'Atrisco, qui lui
a fait connaître l'atlas des Archives Nationales où se trouve la
caricature de Napoléon. Apparemment l'atlas s'y trouverait encore. Mais à qui
a-t-il appartenu, qui aurait dessiné la caricature, comment est-il arrivé aux
Archives nationales ? Je l'ignore, et Chuquet l'ignorait aussi, semble-t-il. Jacques
Godechot, traitant de la jeunesse de Bonaparte dans l'ouvrage collectif dirigé
par Jean Mistler (Hachette, 1968 et Rencontre Lausanne, 1969), qualifie le
document de "témoignage irréfutable". Cependant, réfutons toujours,
c'est bon pour la santé (mentale). Si la tournure du personnage est bien plus
crédible que dans le "Pontornini", on s'étonnera quand même de
l'orthographe "Bonaparte" au lieu de "Buonaparte".
L'authenticité de la caricature de l'atlas des archives nationales fera donc
l'objet de notre prochain concours. Le
respect dû à la mémoire de Jacques Godechot ne nous empêchera pas de
constater que le "Napoléon" de Mistler nous donne, lui aussi, une reproduction du
Pontornini avec la légende suivante ; "Le premier portrait de Napoléon,
dessiné par un de ses camarades à Brienne. " Il est curieux que
personne ne se soit avisé, en relisant l'ouvrage, que le portrait est daté
"1785", alors que Godechot signale dans le texte que Napoléon a quitté
Brienne en octobre 1784… C'est que l'histoire napoléonienne est tellement
connue, que personne ne s'avise de rien vérifier. Sinon, où irait-on ? Il faut d'ailleurs constater que le plus souvent, le "Pontornini" est coupé sur le côté droit, amputant la date de son dernier chiffre, ce qui permet à l'occasion de la rectifier en "1783", et de faire correspondre le portrait avec le séjour à Brienne. (suite)
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