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| Dernière modification: 05/11/2003
Russie :
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Russie
: vaste pays qui forme un grand empire, tant en Europe qu’en Asie. La mer
glaciale borde la Russie au septentrion ; la mer du Japon la termine à
l’orient ; la grande Tartarie est au midi, aussi bien que la mer Caspienne et
la Perse. ; la Pologne, la petite Tartarie, la Mingrelie et la Gé ont la
borne du côté du couchant. (...) Ce
vaste empire est partagé en seize grands gouvernements, dont plusieurs
renferment des provinces immenses et presque inhabitées. [Livonie, Revel ou
Estonie, Ingrie, Vibourg, Arcangel, Laponie Russe, Moscovie, Smolensko,
Novogorod, Kiovie, Belgorod, Véronise, Nitschgorod, Astracan, Casan et Sibérie.]
(...)
La population du vaste empire de Russie est, comme je l’ai dit, la moindre qu’il
y ait dans le monde, à proportion de son étendue. Par un dénombrement de la
capitation qui a été faite en 1747, il s’est trouvé six millions six cent
quarante mille mâles ; et comme dans ce dénombrement les filles et les n’y sont
pas comprises, non plus que les ecclésiastiques, qui sont au nombre de deux cent
mille âmes, et l’état militaire qui monte à trois cent mille hommes, M. de
Voltaire juge que le total des habitants de la Russie doit aller à vingt quatre
millions d’habitants ;
mais il faut se défier de tous les dénombrements d’un pays que demandent par
besoin les souverains, parce que pour leur plaire, on a grand soin de
multiplier, d’exagérer, de doubler le nombre de leurs sujets. Il est très
vraisemblable que la Russie n’a pas douze millions d’habitants, et qu’elle a été
plus peuplée qu’aujourd’hui, dans le temps que la petite vérole venue du fond de
l’Arabie, et l’autre venue d’Amérique, n’avaient pas encore fait des ravages
dans ces climats où elles se sont enracinées. Ces deux fléaux, par qui le monde
est plus dépeuplé que par la guerre, sont dus, l’un à Mahomet, l’autre à
Christophe Colomb. (...) La
couronne de Russie est héréditaire, les filles peuvent succéder, et le
souverain a un pouvoir absolu sur tous ses sujets, sans rendre compte de sa
conduite à personne. L’air de la plus grande partie de la Russie est extrêmement
froid, les neiges et les glaces y règnent la meilleure partie de l’année ;
le grain qu’on y sème n’y mûrit jamais bien, excepté du côté de la
Pologne, où on fait la récolte trois mois après la semaille. L'Encyclopédie
(ou Dictionnaire raisonné des Arts et des Métiers, tome 14, 1765.)
Russie
: Grand empire qui répond à la plus grande partie de l'ancienne Sarmatie,
partie en Asie et partie en Europe. On
divise la Russie en 35 gouvernements, et ceux-ci se divisent en duchés et
provinces. La Russie est un état monarchique et héréditaire : les filles succèdent
à la couronne. La religion dominante est la schismatique grecque, d'un rite
particulier. Il y a beaucoup de catholiques, tant du rite esclavon, que latin. Voici
les noms des 35 gouvernements de cette puissance : Moscou,
Petersbourg, Wibourg, Tvere, Novogorod, Pleskou, Smolensko, Mohilou, Poloczk,
Orel, Kursk, Cherkou, Woronesch, Tambou, Riasan, Tula, Kaluga, Jaroslau,
Wologda, Vladimir, Koshoma, Nischgorod, Wiatsk, Usimsk, Simbirsk, Casan, Pensa,
Saratou, Kiou, Tschernigou, Novogorod-Severskoi, Riga, Revel, Archangel
et Olonez. Outre
ces 35 gouvernements, la Russie possède encore le royaume d'Astracan, la Sibérie
et le Kamchatka, en Asie ; et en Europe, ses nouvelles possessions polonaises,
la Lithuanie et la Courlande. Les
Russes étaient autrefois grossiers, ignorants et superstitieux. Depuis le Czar
Pierre-le-Grand, ils commencent à se civiliser et à commercer avec les nations
étrangères. - La Russie n'est pas peuplée à proportion de sa grandeur ; la
population de tout l'empire, tant en Asie qu'en Europe, peut-être de 24
millions d'âmes. Elle est fertile dans des endroits, et fort stérile dans
d'autres.. Les plaines sont entrecoupées de marais, de lacs et de vastes forêts.
Les principales rivières sont : le Wolga, le Don, le Niéper, la Dwina, le
Jaik, l'Oby, le Jenisey et la Laena. Le commerce des Russiens consiste
principalement en pelleteries, cuirs de Roussi, lin et chanvre ; on en tire
aussi du suif, du bois de construction, de l'ivoire, du goudron, et du fer, en
échange de vins, toiles, grosses draperies, outils, etc. Saint-Petersbourg est
la capitale de toute la Russie. Parmi les souverains qui depuis Pierre le Grand,
ont contribué à rendre cet empire puissant et redoutable, on doit, sans doute,
compter Catherine II qui, malgré les crimes dont elle souilla le plus beau règne,
imprima à sa nation un caractère de grandeur et de force, qui la place
aujourd’hui au rang des premières puissances du monde. Son successeur Paul I,
par un des ces événements étranges que la révolution français a fait naître,
se trouve maintenant, quoique de la religion grecque-schismatique, grand maître
de l'ordre catholique-romain de St-Jean de Jérusalem, depuis la prise de Malte
par les Français. Le souverain de cet état, comme celui de la Turquie, tient
en mains le sceptre et l'encensoir ; il porte les titres de czar ou d'empereur
et autocrate de toutes les Russies. La Russie européenne s'étend, longit.
41-67, latit. 47 20-70. (Vosgien,
Dictionnaire géographique portatif, troisième édition, an VII-mai 1799.) _______________________________
Coup
d'œil sur la Russie. Cet
empire, dont l'étendue ne peut être égalée, ni par les conquêtes
d'Alexandre, ni par celles de l'ancienne Rome, qui touche d'un côté à la
Chine, et de l'autre à l'Autriche, était, il n'y a pas plus d'un siècle,
d'aucun poids dans la balance politique de l'Europe. Lorsqu'en
1689 Pierre le Grand monta sur le trône, tous les revenus consistaient en cinq
millions de roubles ; 15000 strelits, aussi indisciplinés que féroces,
composaient toute son armée, et il n'y avait ni ports ni vaisseaux. C'est
en moins d'un siècle que deux souverains de génie, Pierre le Grand et
Catherine II, ont élève cet état à un tel degré de puissance, qu'il
finirait par asservir l’Europe, si la République française n'était là pour
maintenir l'équilibre. Les
calculs suivants peuvent donner une idée de l'agrandissement rapide de la
Russie : On
comptait en 1722 quatorze millions d'hommes ; en
1742, seize millions ; En
1762, vingt millions ; En
1783, vingt-huit millions ; En
1795, plus de 31 millions. Cependant,
quoique la population s'augmente journellement, elle n'est nullement proportionnée
à la prodigieuse étendue de ce pays. Dans les onze gouvernements les plus
peuplés seulement, on peut compter pour un mille carré de 1000 à 2000 âmes.
Le territoire considérable que la Russie possède en Asie ne contient guère
que 2 millions et un quart d'habitants, ce qui ne fait pas plus de 10 à 11
hommes par mille carré. Dans le gouvernement de Tobolsk, on n'en compte que 7,
et dans celui d'Irkstuk à peine s'en trouve-t-il trois. Si
chaque mille carré de la Russie était habitée par deux mille âmes comme dans
plusieurs pays de l'Europe, cet empire aurait une population de 600 millions
d'hommes. Les déserts inhabitables, qui comprennent presque la moitié de son
territoire, rendent cette supposition physiquement impossible ; mais l'autre
moitié pourrait très bien nourrir 300 millions d'habitants. (Journal de
Bruxelles, 15 vendémiaire an 8.) _______________________________ On
évaluait, en 1784, la population de Russie à 24 millions. Il faudrait y
ajouter ce qu'on y a incorporé depuis cette époque, c’est-à-dire environ 4
millions pour la Pologne ; car il faut déduire du tableau ce qui appartient au
partage de 1772, 300.000 pour la Courlande, et 100.000 pour la Crimée ; on
saurait alors que la population totale de Russie d'Europe est de 28. millions
400 mille âmes. On
évalue à six millions celle de la Russie asiatique ; mais il n'est pas
possible d'apprécier cette évaluation sur des données qui présentent quelque
degré de certitude. son étendue en surface est estimée à 251.300 milles carrés.
(Le Publiciste, 17 pluviôse an 9 - 6 février 1801.) D'Altona,
le 9 mai (19 floréal). Il vient de paraître un nouvel ukase de l'empereur, qui
fixe un vêtement national, uniforme pour tous les états de la société, à
l'exception des militaires. Il consiste en un habit de la même forme pour tous,
boutonné du haut jusqu'en bas, avec un chapeau à trois cornes. (Le Publiciste,
1er prairial an 8.) Armée russe
: Moscou : Marine : La marine
russe consiste maintenant en 50 vaisseaux de ligne de 66 à 100 canons, et 30 frégates
de 28 à 32. (Le Publiciste, 28 nivôse an 9 - 18 janvier 1801.) _______________________________ -
On trouve dans le Courrier de Londres, du 30 janvier, l'état suivant de la
marine russe : Vaisseau
de 120 : 1 de
110 : 7 de
74 : 22 de
66 : 20 Frégates
de 44 : 1 de
38 : 15 de
33 : 3 de
32 : 4 de
28 : 4 Total
: 77 Les
Russes ont, en outre, deux prames (bâtiments plats et tirant peu d'eau, dont on
se sert pour aborder ou pour naviguer dans les eaux basses. (Le Publiciste, 16
pluviôse an 8 -5 février 1801.) _______________________________
Voir :
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