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| Dernière modification: 26/11/2002 Sicile
Sicile.
(Glaces et Sorbets) : (...)
On ne déjeune point ici avec du chocolat comme en Espagne et en Italie ; mais
on y prend habituellement des glaces et des sorbets ; dans tous les cafés on en
trouve, dès le matin, de vingt sortes différentes. Ceux à qui les glaces
ordinaires ne paraissent pas encore assez froides, prennent ce qu'on appelle gelati
forti, qui sont des glaces très dures, qu'on est obligé de
couper avec un couteau. C'est, je crois, ce qu'on appelle à Paris des glaces
en brique. Ces glaces, prises même en abondance, sont regardées comme un
aliment sain et propre à donner du ton à l'estomac. Comme
il n'y a point de glace en Sicile, on est obligé de se servir de neige. On en
va chercher sur les plus hautes montagnes, sur la Madonia, célèbre autrefois sous le nom d'Erix,
ou jusque sur le sommet du brûlant Etna. On va de même prendre la neige
sur le mont Olympe en Natolie, pour faire à Constantinople les sorbets dont les
Turcs font tant d'usage. On
voit une grande quantité de petits ânes employés à apporter la neige à la
ville, où elle se vend dans des boutiques qui n'ont que cet objet de commerce.
L'homme du peuple va en acheter pour faire rafraîchir l'eau qu'il veut boire,
et qui est ordinairement gâtée par l'extrême chaleur. (Extrait
des lettres d'un voyageur en Sicile, écrite Palerme, le 27 avril 1799,à un de
ses amis à Marseille, publiée dans le Publiciste du 1er floréal an 8.)
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