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Dernière modification: 05/021/2005
Sidney Smith
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Sur Sir Sidney Smith.
Cet officier anglais a joué un rôle si actif dans la guerre présente,
et sa carrière militaire a été distinguée par des incidents si remarquables,
que les détails suivants, tirés des papiers anglais, ne peuvent
être ni déplacés dans un journal politique, ni indifférents pour
ceux qui suivent avec quelque intérêt le cours des affaires publiques.
William Sidney Smith est né à Londres en 1764. Son père avait fait
la guerre de sept ans comme capitaine et adjudant du lord Germaine.
Ce fut à ses dispositions que ce général, jugé après la bataille
de Minden par un conseil de guerre, dut d'être acquitté.
Le jeune Sidney montra peu de goût et d'aptitude pour les études
sédentaires. On l'envoya dans ses premières années à l'école de
Trubridge ; mais il n'y resta pas longtemps. Son goût pour la marine
s'étant déclaré de très bonne heure, on le plaça à bord d'un vaisseau
de guerre. Son avancement fut rapide, puisqu'à l'âge de seize ans,
il était déjà parvenu, de grade en grade, à celui de cinquième lieutenant
sur le vaisseau l'Alcide ; et qu'en 1783, il fut nommé capitaine
de pavillon du même bâtiment. |

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| La guerre
ayant éclaté en 1788, entre la Russie et la Suède, il demanda et obtint
du service dans la flotte de Gustave. Ce prince, qui ne tarda pas
à le distinguer, récompensa son zèle, en lui donnant un commandement
assez considérable, et le titre de chevalier. A la fin de la guerre,
Smith retourna dans sa patrie, qu'il quitta peu de temps après pour
aller voyager dans les différents pays de l'Europe. Ayant appris en
Italie que les Anglais s'étaient emparés de Toulon, il partit sur-le-champ
pour aller servir comme volontaire sur la flotte de l'amiral Hood.
; et lorsque les Anglais furent chassés de ce port, il fut chargé
par Hood de détruire l'arsenal et le bassin de construction, et de
brûler ceux des vaisseaux français qu'on ne pourrait pas emmener.
Smith s'acquitta de cette commission avec une activité et un succès
qui lui valurent en Angleterre de grands éloges, et dans le reste
de l'Europe l'épithète d'incendiaire. |
A son retour
en Angleterre, on donna à Smith le commandement d'une frégate, et bientôt
plusieurs expéditions hardies sur les côtes de France lui valurent celui
d'une petite escadre. Peu après, il s'empara
d'un convoi à la hauteur de Hequin, fit une descente sur ce point
et y détruisit les ouvrages commencés. Depuis, il trouva moyen d'entrer
furtivement dans le port de Brest, et le gouvernement anglais dut à cet
acte de témérité la connaissance exacte des forces navales qui y étaient
réunies. Son entreprise sur le Havre, dont il prétendait brûler les magasins,
n'eut pas le même succès. En vain essaya-t-il de remorquer un bâtiment
français pris dans les eaux de la Seine. La rapidité du courant le poussa
contre les forts, et bientôt entouré des chaloupes canonnières ennemies,
il fut contraint de se rendre, lui, trois officiers, et seize matelots,
le 18 avril 1796.
Son expédition au Havre ayant été regardée comme un acte d'hostilité contraire
aux lois reçues de la guerre, il fut conduit à Paris et y fut enfermé
au Temple. Là, toutes propositions de l'échanger ou de le laisser aller
sur sa parole furent inutiles. On agita même un moment de le traiter comme
espion et comme incendiaire. Ce fut au milieu des fêtes données à Buonaparte,
lorsqu'il revint à Paris après la conclusion du traité de Camp-Formio,
que Smith trouva moyen de s'échapper de sa prison. Il traversa Paris en
plein jour ; et grâces aux soins d'un officier d'artillerie français,
nommé Philipeaux, à qui il avait eu occasion de rendre quelque service
en Angleterre, il eut le singulier bonheur de parvenir, sans accident,
jusqu'à la mer. Embarqué sur une chaloupe, il ne tarda pas à être recueilli
par une frégate de sa nation, qui le conduisit en Angleterre.
Nommé capitaine du Tigre, vaisseau
de 80 canons, il alla à la fin de 1798 croiser dans les parages de Syrie
et d'Egypte avec une escadre anglo-turque. En peu de temps il s'empara
de plusieurs vaisseaux de transport français et même d'une flottille entière
chargée de munitions de guerre et de 14 pièces de gros calibre destinée
pour l'armée de Bonaparte, alors occupé du siège de Saint-Jean-d'Acre.
Le lendemain de cette dernière prise, le général en chef fut très étonné
d'apprendre que la place était défendue par de l'artillerie française,
dont un de ses anciens compagnons d'études, l'émigré Philipeaux dirigeait
les opérations. Le feu soutenu de cette artillerie et celui des chaloupes
canonnières anglaises, qui de la mer foudroyaient le flanc gauche de l'armée,
rendit inutiles tous les efforts des assiégeants, malgré des prodiges
de constance et de valeur. Bonaparte, forcé par la saison de retourner
en Egypte, prit le parti de lever le siège après soixante-quatre jours
de tranchée ouverte et douze assauts. Il fit, sans être entamé, sa retraite
à travers les déserts brûlants de la Syrie. Le grand seigneur, en reconnaissance
d'un service aussi signalé, envoya à Sidney Smith, comme au lord Nelson
et à Ushakow, une aigrette de diamants de la plus grande magnificence.
On raconte que, pendant le siège, le vieux pacha Ghezar, qui commandait
à Acre, ayant témoigné à Smith le désir d'évacuer la place, et demandé
qu'il fût pris des mesures pour sauver son harem et ses trésors, Smith,
après quelques remontrances inutiles, promit de se prêter à ce désir,
et obtint en retour le consentement du pacha à ce que la forteresse fût
minée, afin disait-il, que l'ennemi, lorsqu'il viendrait à y entrer, ne
pût s'y établir d'une manière sûre. Les mines achevées, Smith dit à Ghezar-Pacha
: "Ces mines sont faites pour te défendre ; mais aussi pour te faire
sauter, toi et ton armée, si tu parles encore d'abandonner la place."
Cette mesure intimida Ghezar, et la peur lui rendit le courage.
Le
Publiciste, 25 germinal an 8 (15 avril 1800).
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