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Dernière modification:
16/01/2003
Soult
Soult (Jean de Dieu) : Né à Saint-Amans-la Bastide en (1769), il
s’engage en 1785. Nommé général de brigade en 1794, il est général de
division en 1799, participe à la bataille de Zurich, puis à la défense de Gênes,
où Masséna le nomme lieutenant-général.
Maréchal
d’Empire en 1804, il participe aux batailles d’Austerlitz, d’Iéna et
d’Eylau.
Fait
duc de Dalmatie en 1808, il combat en Espagne jusqu’en 1812. En 1814, il tente
d’arrêter l’invasion de Wellington dans le midi, mais il est battu à
Toulouse.
Ministre
de la guerre sous la première Restauration, il se rallie à Napoléon aux
Cent-Jours, et est nommé major général de l’armée du Nord.
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Il avait, le 8 mars 1815, publié
l'ordre du jour suivant :
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Soldats ! Cet homme qui naguères abdiqua aux yeux de
toute l'Europe un pouvoir usurpé, dont il avait fait un si fatal usage,
Buonaparte est descendu sur le sol français qu'il ne devait plus revoir.
Que veut-il ? la guerre civile : que cherche-t-il ? des traîtres : où les
trouverait-il ? serait-ce parmi ces soldats qu'il a trompés et sacrifiés
tant de fois en égarant leur bravoure ? serait-ce au sein de ces familles
que son nom seul remplit encore d'effroi ?
Buonaparte nous méprise assez pour croire que nous pouvons abandonner un
souverain légitime et bien aimé pour partager le sort d'un homme qui n'est
plus qu'un aventurier. Il le croit, l'insensé ! et son dernier acte de
démence achève de le faire connaître.
Soldats, l'armée française est la plus brave armée de l'Europe ; elle sera
aussi la plus fidèle.
Rallions-nous atour de la bannière des lys, à la voix de ce père du peuple,
de ce digne héritier des vertus du grand Henri. Il vous a tracé lui-même les
devoirs que vous avez à remplir. Il met à votre tête ce prince, modèle des
chevaliers français dont l'heureux retour dans notre patrie a déjà chassé
l'usurpateur, et qui aujourd'hui va, par sa présence, détruire son seul et
dernier espoir.
Paris, le 8 mars 1815.
Le ministre
secrétaire d'état de la guerre,
Signé
maréchal duc de Dalmatie.
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Dans ses Mémoires, Charles
d'Agoult rapporte le fait suivant, qui lui avait été rapporté par le général
Evain en 1830 :
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(...) au retour de l'Ile d'Elbe, ayant été mandé aux
Tuileries, il attendit quelque temps. L'Empereur causait avec beaucoup de
vivacité avec le maréchal Soult, et en sortant le maréchal dit avec fermeté à
l'Empereur : "Vous avez rompu les traités, vous venez porter à la France la
guerre civile et étrangère. "
Le général Evain était un homme sérieux et
véridique. Mais comment expliquer ces paroles du maréchal Soult qui, quelques
jours après, à Waterloo, était le major général de l'Empereur ? |
Le
général Thiébault, qui avait bien connu Soult en Espagne (et qui l’appréciait
peu), écrit à son sujet dans ses “Mémoires “ :
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"Maintenant
cet homme, qui à l’encontre des faits les plus authentiques est parvenu à se
faire la réputation d’un grand homme de guerre, qu’a-t-il fait comme major
général ? Que Waterloo réponde ! Si Napoléon avait eu un major général
seulement ordinaire, il n’eût pas perdu cette bataille, attendu qu’à
quatre lieues de distance et à travers un pays ami, il ne fallait que savoir
faire parvenir à temps un ordre au maréchal Grouchy. On peut juger
d’ailleurs ce qu’il fut en cette grave occurrence par le mot de Napoléon
qui, indigné que le maréchal Soult n’eût envoyé ses ordres au maréchal
Grouchy que par un seul officier, se retourna en disant avec indignation :
“Mon pauvre Berthier en aurait envoyé vingt-cinq”. Mais en voilà trop pour
établir cette vérité importante que le maréchal Soult n’est fait pour être
ni chef d’armée, ni major général d’une armée. " (Mémoires, t. 4, p.415)
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Ne peut-on pas envisager
l'hypothèse selon laquelle le maréchal Soult, convaincu de ce que le retour de
Napoléon devait entraîner la ruine de la France, a dans ses fonctions de major
général, mis toute la mauvaise volonté possible, afin que la guerre se termine
au plus tôt, permettant à la France de s'en sortir sans trop de dégâts ?
A ma connaissance, Soult n'a
jamais rien écrit sur cet épisode de sa vie.
Autorisé
à rentrer en France en 1819, il est nommé pair de France en 1827. Au début de
la monarchie de juillet, il est ministre de la guerre (de 1830 à 1834) et de
1840 à 1845.
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