|
Armées
|
Dernière modification: 24/11/2002 Tabac : En
1791, l’Assemblée nationale supprima le monopole du tabac, exercé jusqu’alors
par une branche de la Ferme générale. Chaque citoyen fut libre de cultiver,
de fabriquer et de vendre du tabac. Mais cet état ne subsista que peu
d’années. En 1798, une taxe spéciale fut établie sur la fabrication. Le
monopole de la fabrication et de la vente par l’Etat fut rétabli par les
décrets du 29 décembre 1810 et du 12 janvier 1811. Par
décret du 29 septembre 1793 (lois sur le maximum), la Convention nationale
classa le tabac parmi les denrées de première nécessité. L’article II
stipulait que le prix maximum du tabac en carotte était de 20 sous la
livre, poids de marc, et celui
du tabac à fumer de 10 sous. ____________________________ Tabac.
De
tous les articles que la France peut tirer des États-Unis, le tabac est
le plus important pour les habitants des deux pays. S’il ne peut pas être
mis au rang de nos besoins urgents, il les suit de si près, qu’à l’exception
des cas où sa privation est l’effet du dégoût, elle décèle ordinairement
le dernier degré de la misère. On
ne doit pas s’étonner d’un usage aussi général. L’homme avide de sensations
en a trouvé une assez vive dans le tabac ; c’est peut-être la seule dont
il puisse jouir à son gré sans altérer sa santé, sans nuire à ses forces,
sans suspendre son travail ou ses méditations. Le tabac réveille agréablement
les esprits, et les observateurs qui ont fait attention au plaisir innocent,
à l’espèce de soulagement instantané qu’un peu de tabac procure à l’homme
pauvre et courbé sous le poids de la peine, ces observateurs ont toujours
désiré qu’une jouissance aussi simple, devînt de plus en plus moins coûteuse
et meilleure ; et ils ne peuvent réfléchir sans horreur au crime de cette
industrie fiscale qui, enhardie par le monopole pour accroître ses profits,
altère la poudre du tabac jusqu’à la rendre funeste à la santé. (Clavière
et Brissot, De la France et des États-Unis, 1787.) ____________________________ Tabac : Depuis
deux siècles et demi environ, le tabac est devenu en Europe un besoin
universel, surtout pour les gens de guerre, les ouvriers, les gens de
mer et de rivière, etc. ; aussi la culture et les manufactures de tabac
se sont-elles multipliées, et la ferme seule du tabac était en France
un objet de plusieurs millions. En 1718, le bail était de 4 millions 20.000
livres. (...) Tout
le monde convient que la fumée du tabac est très désagréable, de même
que l’haleine de ceux qui
mâchent les feuilles desséchées de cette plante pour leur plaisir ou pour
leur santé. Comme il serait également impossible et dangereux de défendre
cet usage ou ce remède, c’est à l’industrie à corriger ce que la fumée
du tabac a de nuisible et de révoltant. (...) M.
Stisser, dans ses Actes Chimiques, remarque que l’eleuterium,
écorce des Indes, mêlé avec du tabac dans une pipe, a la propriété
d’ôter à la fumée du tabac toute sa mauvaise odeur. Nous
n’entrons point ici dans la question de savoir si l’usage du tabac est
utile ou nuisible : cet objet a fait la matière de plusieurs thèses soutenues
en médecine, et est entièrement du ressort de cet art. Nous
nous contenterons de prévenir ceux qui en font des provisions, que ce
végétal dans l’état dans lequel on le livre, a déjà subi un degré de fermentation,
et est porté à la putridité. Si on le met au soleil ou dans un lieu chaud,
cette fermentation, que l’on nomme mal-à-propos maturité,
augmente, les sels se développent, et le tabac acquiert plus de montant,
ce qui le rend peut-être plus nuisible ; si on le garde dans un lieu humide
qui ne soit pas très frais, la fermentation putride en est accélérée au
point de prendre une odeur absolument fétide. La
meilleure manière de le conserver, est de le placer dans un endroit sec
et frais, sauf à l’humecter à mesure que l’on veut en faire usage ; mais
en quelque lieu qu’on le mette, on doit faire grande attention qu’il contracte
aisément l’odeur de ce qui l’environne. On en a vu qui, renfermé dans
une bouteille de verre bouchée avec du liège et placée quelque temps dans
une armoire où il y avait des pommes, en a très fortement contracté l’odeur.
Peut-être
serait-ce un moyen de lui donner une odeur agréable de violettes ou autre,
et même de lui faire prendre celle de macoubac. (Dictionnaire
de l’Industrie, Paris, An IX, Tome 6.) ____________________________ Tabatières. Depuis
l’introduction de l’origine du tabac en France, ce meuble a bien changé
de forme. Ce qui n’était anciennement qu’une boite de forme grossière,
accompagnée d’une râpe, est devenu
sous la main des artistes un bijou de la plus grande élégance ;
et pour recevoir la poudre la plus dégoûtante, on a prodigué l’or, les
pierreries, les chefs-d’œuvre de peinture. Les moindres tabatières en
bois, en cailloux, en cuir et en écailles, ont quelques singularités qui
les distinguent ; on en fait aussi de carton, recouvertes d’un vernis
qui leur donne le poli de la glace. (Dictionnaire
de l’Industrie, Paris, An IX, Tome 6.) ____________________________ |
|
||||||||