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Dernière modification: 15/11/2002
Traité
de Commerce franco-anglais de 1786. Le
traité de commerce entre la France et l’Angleterre, prévu dans le traité de
paix de 1783, fut signé le 26 septembre 1786. Il était basé sur la liberté
des échanges. L’économie française supporta mal la concurrence anglaise : “Dans
la première année qui suivit le traité en 1787, les Anglais introduisirent en
France pour plus de 30 millions d’objets manufacturés. Cette quantité énorme
excédait de beaucoup la consommation ordinaire. Ils ont été forcés de vendre
à 30, 40, pour 100 de perte. Ces ventes à prix avilis ont été très préjudiciables
à nos manufactures, qui n’ont pu soutenir une concurrence aussi inégale.
Elles ont alors réclamé avec raison contre un traité qui avait excité de
semblables spéculations ; spéculations qui ne sont pas restées impunies, car
en 1787 et 1788 il y a eu dans les fabriques d’Angleterre pour plus de 100
millions de faillites. (M. Boislandry à l’Assemblée nationale le 30
novembre 1790, Moniteur 1er décembre 1790.) D’après
Bertrand de Jouvenel*,
“la cause véritable du succès anglais
est la supériorité de mérite de leurs industriels. Ils sont très en avance sur
nous au point de vue technique et ils se fient à leur esprit d’initiative
plus qu’à des mesures de monopole”. Le
même auteur estime : “Nos
fabricants routiniers se révélèrent incapables de supporter la concurrence
anglaise et les pertes qu’ils subirent alors excitèrent dans le Tiers-Etat
une anglophobie qui se manifestera durant toutes les guerres de la Révolution
et de l’Empire.”
Paris, 17 vendémiaire. Quelques journaux ont dit que, dans la séance du 1er février 1793, ce fut sur la proposition de Brissot que la Convention nationale déclara la guerre à l’Angleterre. J’étais présent à cette séance, dit aujourd'hui l’un de nos plus estimables confrères dans sa feuille de Rouen ; il est impossible de peindre l’enthousiasme qu’excita en cette occasion le rapport fait par Brissot au nom du Comité diplomatique. On fit depuis à l’infortuné Brissot un crime d’avoir été l’une des causes de la guerre contre la nation britannique, comme si une guerre qui mettait fin au désastreux traité de commerce fait par le ministre Vergennes n’eût pas été un bienfait national.” (Le Citoyen français du 18 vendémiaire an 10.)
*Bertrand
de Jouvenel, Napoléon et l’économie dirigée, le Blocus continental, 1942. |
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