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Waterloo battle 1815

 

 

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Le mot de Cambronne 

     
 

     
 

Qui a dit "La Garde meurt et ne se rend pas" ? Qui a dit "Merde !" ?

La nouvelle de la défaite de Waterloo parvint à Paris dans la matinée du 21 juin, et fut confirmée dans l'après-midi par le bulletin paru dans le Moniteur. Le samedi 24, le Journal Général de France publie un récit de la bataille dans lequel on remarque le passage suivant concluant la relation de l'attaque de la Garde, et la sommation faite par les généraux anglais de se rendre :
"Le général Cambronne a répondu à ce message par ces mots : "La garde impériale meurt et ne se rend pas". La garde impériale et le général Cambronne n'existent plus."

 
 
 

A un moment où l'opinion angoissée cherchait désespérément des motifs de consolation et d'espoir, cette trouvaille journalistique eut un grand retentissement, et allait être le point de départ d'une légende indestructible.

Le 28 juin, devant l'approche des Alliés, la Chambre des députés travaille à rédiger une proclamation. "Quand l'armée connaîtra la volonté du peuple et de ses représentants, elle sera invincible". Le député Garat, déclarant que l'exemple est le plus bel encouragement que l'on puisse donner au soldat, demande "que l'on consacrât ce mot d'un soldat qui dit : "Je meurs et je ne me rends pas". Un autre député rappelle que le nom du brave cité dans le journal est Cambronne. Le lendemain, nouvelle embarrassante : on apprend par un article venant de Bruxelles que Cambronne, au lieu de mourir, a été fait prisonnier ! Mais la légende avait pris corps.

Ce qui s'est passé exactement en ces minutes d'une rare intensité, dans l'épuisement, la rage et la fumée des combats, nul ne pourra sans doute jamais l'établir avec certitude. Le fait est que le général Cambronne, probablement blessé à la tête, a été fait prisonnier et que, jusqu'à sa mort survenue à Nantes le 29 janvier 1842, a toujours gardé le silence sur le sujet ; alors que d'autre part, le colonel Hugh Halkett, un Ecossais qui commandait la brigade de Landwehr hanovrienne a affirmé, jusqu'à la fin de sa vie que, se trouvant avec le bataillon d'Osnabrück devant un carré de la garde, et ayant aperçu un officier général ennemi qui se promenait au-dehors du carré, il lança son cheval, saisit l'officier, qui était Cambronne, par les aiguillettes, et le ramena prisonnier dans les rangs de son bataillon, où il le confia à un sergent.

La gêne causée par la distorsion entre l'histoire et la légende héroïque allait donner naissance à une autre rumeur : Cambronne aurait répondu aux généraux anglais d'un mot plus court et plus vigoureux. Mais ce n'est qu'en 1862 que Victor Hugo, dans « les Misérables », osa écrire en toutes lettres qu’au général anglais qui cria « Braves Français, rendez-vous ! » Cambronne répondit : « Merde !»    

« Dire ce mot, et mourir ensuite. Quoi de plus grand ! car c’est mourir que de le vouloir, et ce n’est pas la faute de cet homme, si, mitraillé, il a survécu. (…) L’homme qui a gagné la bataille de Waterloo, c’est Cambronne. Foudroyer d’un tel mot le tonnerre qui vous tue, c’est vaincre. »

Voilà résumé de façon géniale le succès du « mot » et le secret du mythe de Waterloo ! Malheureusement, sur le plan de l’enseignement militaire, l’avenir devait montrer que la recette était un peu maigre…

(voir la définition du "mot" selon le Dictionnaire de l'Académie, 1798.)

La publication des Misérables, événement littéraire de l'année 1862, ramena l'attention sur la bataille de Waterloo, provoquant ainsi une floraison de pseudo témoignages, comme celui d'Antoine Deleau, un ex-grenadier du 2e régiment, publié (et probablement arrangé) par Charles Deullin, un journaliste de « l'Esprit Public » ...

(suite : le récit de Deleau.)

Voir : Cambronne

On trouvera dans "les Mensonges de Waterloo" une étude approfondie sur "la phrase (et le mot) de Cambronne" et les manipulations auxquelles ils ont donné lieu..

 

     

         
 

Revue de Bretagne et de Vendée, août 1862, page 151, chronique de Louis de Kerjean :

   
 

(...)
Admirons ces braves qui sont tous tombés morts ou mourants au pied de leur drapeau ; laissons dans l'ombre, s'il a été prononcé, un mot (celui des Misérables), qui, chacun le sent, n'est pas de ceux auxquels s'arrête l'histoire ; mais ne nous attachons pas non plus, dans la crainte de paraître altérer la vérité, à une phrase sonore, brillante, qui fait bien dans un récit, mais qui n'est pas vraie.
Elle n'est pas vraie, et sur ce point la démonstration est facile. Cambronne, après s'être battu comme un lion, après avoir refusé de se rendre, criblé de coups et de blessures, renversé par un éclat d'obus à la tête, sans voix et presque sans vie, était tombé aux mains des Anglais. Rappelé à l'existence et bientôt rendu à sa patrie, il a survécu près de vingt-huit ans à la journée du 18 juin 1815 ; il est mort à Nantes le 29 janvier 1842. Aussi simple dans la vie privée qu'héroïque sur le champ de bataille, il était facilement abordable et nous l'avons tous connu. Homme de tête et de cœur, ce n'était rien moins qu'un bel esprit et les phrases académiques dans le goût de celle : "La garde meurt et ne se rend pas", n'étaient point du tout son fait. Quoique poli et bien élevé, il ne laissait pas que d'avoir l'expression vive et de parler quelquefois avec la franchise d'un soldat qui sait mal farder la vérité.
Aussi, qu'il n'ait pas lâché le fameux mot, que M. Victor Hugo lui attribue, je n'y voudrais pas mettre la main et je n'en voudrais pas répondre. Ce qui est certain, ce qui est incontestable, c'est que le général Cambronne s'est toujours défendu d'avoir prononcé la phrase : La garde meurt et ne se rend pas ! Il s'emportait même, quelquefois avec violence, lui le plus doux et le meilleur des hommes, contre ceux qui voulaient à toute force, et malgré lui, lui faire déclarer qu'il avait dit ce qu'il n'avait pas dit ! - La question est donc vidée ; elle est jugée en dernier ressort par l'autorité la plus compétente et la plus irrécusable, celle de Cambronne lui-même.

     

 

 

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