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| Dernière modification: 07/12/2002 Napoléon Arrivé au pouvoir à la fin de 1799 (19 brumaire an VIII), Napoléon Bonaparte était perçu comme l’homme providentiel qui pouvait assurer à la France l’acquisition des conquêtes de la Révolution, tout en mettant un terme aux excès, aux désordres et à l’insécurité que celle-ci avait déchaînées. Servi par une habile propagande, il était parvenu à créer l’image d’un guerrier invincible et pacifique, d’un législateur sage, d’un génie universel. Mais, grisé par ses succès, l’ambition de Bonaparte est d’arriver au pouvoir suprême. Par une politique de réconciliation nationale, sachant répondre pleinement aux aspirations des Français, il entend être payé en retour. L’opinion est si bien préparée qu’il obtient d’abord le Consulat à vie (constitution de l'an X), puis le titre et les pouvoirs d’Empereur. Pour s’assurer les acquis de la Révolution, la bourgeoisie, sur laquelle Bonaparte s’appuie, n’hésite pas à renier les principes sur lesquelles elle s’était fondée pour acquérir ses avantages : la liberté, l’égalité et la fraternité. Pour assurer son pouvoir, Napoléon est entraîné dans le cycle des guerres sans fin : imposer son alliance à tous les Etats et les puissances du Continent, et ruiner celle qui, par sa position géographique et ses ambitions économiques, restera toujours son adversaire : l’Angleterre. Afin d’asphyxier économiquement l’Angleterre, Napoléon doit fermer tout le continent aux marchandises anglaises. Ce qui entraîne la formation d’Etats vassaux dans lesquels la loi du maître s’impose lourdement et suscite rancoeurs et haines. Ce qui entraîne aussi des guerres dont le résultat sera désastreux pour les armées françaises : Portugal, Espagne, Russie. La guerre d'Espagne (1808-1813) révèle à l'Europe la véritable nature de la domination napoléonienne et lui apprend que les armées françaises, confrontées à un peuple insurgé luttant pour ses droits et sa liberté, ne sont pas invincibles. En 1812, pour imposer à la Russie le respect de ses engagements contre l'Angleterre, Napoléon dirige contre elle la Grande Armée, augmentée de contingents de tous les pays vassaux et alliés, comme la Prusse et l'Autriche. Il entre à Moscou, mais ne peut contraindre le tsar à négocier. La retraite tourne à la catastrophe : surprise par le terrible hiver russe, la Grande Armée est engloutie. Un immense deuil frappe la France. Un tel désastre ne s’était jamais produit de mémoire d’homme... Napoléon abandonne l'armée et court à Paris rétablir son pouvoir -un instant menacé par la conspiration du général Malet- et procéder à de nouvelles levées d'hommes pour reconstituer ses régiments. Les alliés de la veille se soulèvent alors contre leur "protecteur". Sous la pression du peuple, la Prusse devient l'âme d'une nouvelle coalition à laquelle adhèrent successivement l'Autriche et tous les Etats de la Confédération du Rhin. A l'issue de la campagne d'Allemagne (1813) et de la défaite de Leipzig, la France est envahie. Les Alliés occupent Paris et Napoléon est contraint à l'abdication (6 avril 1814.) L'ancienne dynastie des Bourbons, dans la personne de Louis XVIII, est replacée sur le trône, mais les acquis principaux de la Révolution sont maintenus. Napoléon reçoit par le traité de Paris du 30 mai 1814 la
souveraineté de l'île d'Elbe. ___________ Plutôt que d'attendre que les Alliés aient pu rassembler leurs forces pour l'attaquer, Napoléon préfère prendre l'initiative. Mais il n'était plus "le plus grand génie militaire de tous les temps. Napoléon a été l'homme d'un moment, doué de capacités peu ordinaires, mais qui ne convenaient qu'à un moment très court de l'histoire. Ce fut une grave erreur de le nommer consul à vie, puisqu'il y avait toutes les chances qu'à partir d'un certain moment, il ne corresponde plus aux critères qui l'avaient rendu indispensable. Napoléon était "Napoléon" parce qu'il était doué, parce qu'il était ambitieux, mais aussi parce qu'il était jeune. En vieillissant, il avait toutes les chances de devenir gâteux (l'exercice du pouvoir absolu accélère grandement ce processus). Car comme l'écrivait Thiers : " la toute-puissance porte en soi une folie incurable". A Waterloo, Napoléon n'était pas encore vieux, il avait 45 ans. Accroché à ce qui l'avait amené au pouvoir, il n'a pas pu voir que la tactique avait changé, et que la sienne n'était plus adaptée à celle de ses adversaires. (à suivre.)
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