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Dernière modification:
11/03/2004
Relation d'un témoin oculaire
"Relation fidèle et détaillée de la dernière campagne de
Buonaparte, terminée par la bataille de Mont-Saint-Jean, dite de Waterloo ou de
la Belle-Alliance, par un témoin oculaire.
Paris, J. G. Dentu, Imprimeur-Libraire, rue du Pont de
Lodi, n° 3, près le Pont-Neuf. 1815.
(Quatrième édition Bruxelles De Mat, 1815)
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Cet ouvrage anonyme parut encore en 1815, et connut au
moins quatre éditions successives. Il fut également édité chez le libraire De
Mat à Bruxelles.
Barbier, dans son classique "Dictionnaire des Ouvrages
anonymes", (Paris 1879) écrit au sujet de ce livre:
" Attribué par Quérard, dans la “France
littéraire”, à René Bourgeois, et dans les “Supercheries littéraires dévoilées”
tome III (1870) à F.-Th. Delbare."
Henry Houssaye croit qu'il s'agit de Bourgeois, qui aurait été chirurgien
attaché à un régiment de cuirassiers. Navez penche pour Delbare.
Jean Tulard, dans sa "Bibliographie des Mémoires sur le
Consulat et l'Empire", écrit :
"Ce dernier ouvrage a été également attribué à Th. Delbare, mais il semble
bien de Bourgeois. On y retrouve le même style -modeste- du soldat sur la chute
de l'Empire."
Commentaire étonnant, car il s'agit de tout autre chose
que du témoignage modeste du soldat. |

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Je crois que cet ouvrage, d'un grand intérêt pour
l'histoire de Waterloo, mérite une analyse plus approfondie. Il me semble qu'il
pourrait bien s'agir de la production de plusieurs auteurs, et à mon avis, ils
sont d'un grade plus élevé qu'un simple chirurgien de cuirassiers. Les critiques
à l'encontre de Napoléon qui se trouvent dans l'ouvrage ressemblent fort à
celles de Kellerman, de Baudus, ou du général anonyme qui avait envoyé un
rapport à Davout le 20 juin. Tout les détails sont confirmés par d'autres
témoignages, et l'impression qui ressort à la lecture de ce texte est qu'il
s'agit bien d'un témoignage authentique d'un (ou de plusieurs) militaire(s) de
haut grade, encore sous le coup d'une violente indignation suite au désastre dû
(selon lui ou eux) au despotisme de Napoléon.
Un témoignage critique, quand il est sérieux, est un
apport précieux pour l'histoire.
Les différentes éditions présentent entre elles des
différences, qui montrent que l'auteur était soucieux d'accorder son récit à la
réalité des faits. Il raconte donc ce qu'il a vu, mais n'hésite pas à corriger
son texte suite à la lecture des journaux ou d'autres témoignages.
Je vais mettre successivement en ligne les extraits les
plus importants de l'ouvrage, en commençant par le récit de la bataille de
Waterloo, et en me basant sur le texte de la première édition. Les modifications
dans les éditions successives (j'en avais d'ailleurs déjà signalé dans la
Patience n°10), seront indiquées plus
tard.
Les commentaires (constructifs) sont les bienvenus et
seront ajoutés en annexe.
Merci d'avance pour votre participation.
L'extrait suivant nous ramène au début du mois de juin
1815 :
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Pendant que ces évènements* se passaient dans la
capitale, les armées n'avaient cessé de recevoir des renforts considérables
et d'opérer des mouvements de concentration sur les frontières. |
- p. 7. * Le vote
pour l'acceptation de l'Acte additionnel. |
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L'armée du Nord, qui était la plus nombreuse,
occupait, vers le commencement de juin, des cantonnements fort étendus dans
les départements du Nord et de l'Aisne, ou elle était disposée par échelons.
Le grand quartier général était à Laon. Le Ier corps occupait
Valenciennes et le second Maubeuge. |
- p 8.
-
Département du Nord
- Département de
l'Aisne |
| Elle communiquait par sa droite avec
l'armée des Ardennes et celle de la Moselle; sa gauche s'appuyait à Lille.
Composée en grande partie de vieux soldats rentrés depuis peu dans les rangs
, elle était animée d'un grand courage et enflammée d'un enthousiasme
immodéré pour Buonaparte. Elle vivait dans la meilleure intelligence avec
les habitants du département de l'Aisne, qui paraissaient regarder la guerre
imminente comme nationale, et qui d'ailleurs n'ayant en vue que de
soustraire leur pays à une nouvelle invasion, s'occupaient avec beaucoup de
zèle et d'activité à multiplier les obstacles propres à défendre l'entrée de
leur territoire, et à retarder l'ennemi dans sa marche. De toutes parts on
fortifiait les villes, on construisait des têtes de pont; des abattis, des
coupures, des redoutes même étaient pratiqués sur les routes et dans les
défilés. |
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Les gardes nationaux s'armaient avec empressement, et
toute la population témoignait le projet de se lever en masse à l'approche
de l'ennemi : le même esprit se manifestait dans tous les départements de la
France qui, précédemment envahis, avaient été en 1814 le théâtre de la
guerre, à l'exception de celui du Nord, qui exprimait hautement des
sentiments opposés, et ne souffrait qu'avec une impatience qu'il ne
dissimulait pas, la présence des troupes. On ne put obtenir de lui le départ
d'aucun militaire, et les gardes nationaux se refusèrent avec persévérance à
marcher. |
- p 9.
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En général l'armée comptait, au moment des hostilités,
sur la coopération efficace des habitants ; et les habitants, qui pour la
plupart croyaient que les alliés n'avaient envahi la France en 1814, que par
suite de trahisons successives, avaient dans l'armée une entière confiance. |
|
| On attendait donc, avec une parfaite
sécurité, le commencement de la guerre; et l'armée, paisible dans ses
cantonnements, mais impatiente de combattre, ne se plaignait que de la
lenteur que les alliés mettaient à se présenter. |
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| (suite) |
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(p. 40 et suivantes, bataille de
Waterloo) |
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